Les mardis de la musique: La dynastie des Bach

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▶Le mardi 15 janvier 2019, Isabelle Prim, responsable musique classique à la Bibliothèque de Bordeaux Mériadeck, nous a convié à une conférence de Michèle Lhopiteau-Dorfeuille, (professeur de musique, chef de chœur,  conférencière, auteur de plusieurs livres consacrés à Bach, Mozart, Beethoven et , depuis 2010, elle est membre du Comité de Rédaction de la revue parisienne « l’Éducation Musicale ») sur « La dynastie des Bach » .

L’auditorium Jean Jacques Bel de la Bibliothèque de Bordeaux Mériadeck a fait, encore une fois, salle comble.

Jean-Sébastien Bach (1685-1750) appartenait à une célèbre dynastie de musiciens issue de Thuringe, région d’Allemagne centrale marquée par la présence du réformateur religieux Martin Luther. De la famille Bach sont issus, dès la première moitié du XVIe siècle et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle de nombreux compositeurs, organistes. Cette famille est la plus prolifique de toute l’histoire de la musique occidentale : on a retrouvé 27 organistes, cantors (chef de cœurs) et compositeurs, et sur les compositeurs on a retrouvé les partitions de 14 d’entre eux. Il est à remarquer qu’aucune musique des Bach ne se ressemble, les fils n’écrivaient pas comme le père, le père n’écrivait pas comme son grand-père. Les filles ne composaient pas mais étaient chanteuses. Jean-Sébastien, son membre le plus célèbre, est généralement considéré comme un des « géants » de la musique occidentale.

Sous le titre Ursprung der musicalisch-Bachischen Familie, Jean-Sébastien Bach a lui-même établi un premier arbre généalogique de ses ancêtres musiciens. Hans le jeune, véritable star de l’époque, eut 3 fils qui ont vécu en pleine guerre de 30 ans. La famille est composée de deux branches principales :
*La branche d’Erfurt
*La branche d’Arnstadt
Johann Sebastian Bach naît à Eisenach, en Thuringe, Allemagne. C’est le 8éme et dernier enfant d’une famille très musicienne. Son père, Johann Ambrosius, lui enseigne le violon et lui procure une bonne éducation musicale. N’ayant pu aller à l’université, Johann Sebastian a dû trouver du travail, et en 1703, après avoir travaillé dans l’orchestre du duc de Weimar (il n’a même pas 20 ans), il se forge une réputation de virtuose à Arnstadt et décroche un poste d’organiste qui lui laisse du temps pour composer. Au bout de 3 ans de fiançailles (fiançailles repoussées faute d’argent), il épousa en 1707 une cousine Maria Barbara. Il réside à Köthen de 1717 à 1723 où il y est d’abord très heureux. Il est au service du prince Léopold, brillant musicien et protecteur des arts qui a su attirer à sa cour jusqu’à 18 excellents instrumentistes. Jean-Sébastien profite de cette ambiance propice pour composer ses plus grandes œuvres instrumentales : sonates pour flûte, pour violon et pour violoncelle. Mais un terrible événement va faire basculer sa vie : en juillet 1720, alors qu’il rentre d’une station thermale où il accompagnait le prince, Bach apprend la mort de sa femme,  décédée toute jeune, lui laissant 7 enfants à élever. Effondré, il hésite un an et demi avant de se remarier. En décembre 1721, il épouse Anne-Magdelena Wilcken, une jeune chanteuse excellente musicienne, dont il est l’aîné de 16 ans. Ils auront 13 enfants. Il s’est construit autour d’une foi inébranlable après avoir enterré son grand amour, sa 1ére femme, et 11 enfants.
Il se porte enfin candidat pour le poste envié de Cantor de Leipzig. Il l’obtient en 1723 et y restera 25 ans. La nomination de Bach à Leipzig ne va pas de soi car, si le Conseil de la ville le choisit, c’est faute de débaucher d’autres musiciens plus recherchés : Telemann, Kauffmann, Rolle, et surtout Christoph Graupner . Comme l’écrit un membre du Conseil : « Puisque l’on ne peut avoir les meilleurs, il faut donc prendre les médiocres. »

À partir de 1745, Bach perd progressivement la vue et les opérations tentées ne font qu’empirer les choses: c’est complètement aveugle que décède le musicien le 28 juillet 1750.

À sa mort, sa veuve n’eut droit à rien et à dû vivre de l’aumône de la ville et fit donc partie des nécessiteux. La dernière fille de Bach, Anna Susanna, a dû mendier dans les rues de Leipzig et fut sauvée de la misère grâce à une souscription levée par des compositeurs allemands en faisant éclater le scandale .

Liste des morceaux écoutés

    * Johann Bach (1604-1673) : Motet funèbre « Unser Leben ist ein Schatten » (« Notre vie passe comme une ombre »). Disque : Les Archives de Bach chez Harmonia Mundi  Cantus Cölln, direction Konrad Junghänel
     *Johann Christoph Bach(1642-1703) :«Es erhub sich ein streit in Himmel »  (« II y eut alors un grand combat dans le ciel »). Même disque
     *Johann Michael Bach(1648-1694): « Das Blut Jesu Christi »
(« Le sang de Jésus Christ »). Même disque
     *Johann Ludwig Bach(1677-1731) :  « Das ist meine Freude » (« Ceci est ma joie »).
Evad & Menus Plaisirs, dir. Michel Laplénie. Disques Cyprès.
     *Johann Sébastian Bach (1685-1750) : , le « Et Resurrexit » de la « Messe en si ».Mikaeli Chamber Choir & Drottningholm Baroque Ensemble, dir. Anders Eby. Disques Proprius.(disque épuisé)
     *Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784) : Premier mouvement de la « Sonate pour piano en la mineur » par David Bismuth  
*Karl Philipp Emanuel Bach (1714-1788): troisième mouvement de la « Sonate pour clavier en la majeur H 174 »  François Chaplin, piano. Naxos: 8.5536-40.
     *Johann Christoph Friedrich Bach (1732-1795), « Cassandra » cantate italienne pour alto solo et orchestre. Das Kleine Konzert, dir. Hermann Max, avec l’alto suédoise Lena Susanne Norin. Disques CPO
     *Johann Christian Bach( 1735-1782 ): « Symphonie Concertante pour cors et hautbois ». Leonhardt Consort & Concentus Musicus Wien. Disques Teldec.

Pour information: C’est grâce à l’initiative de Beaumarchais, que la reconnaissance légale du droit dauteur, pour les lettres est reconnue en 1791, et de Verdi pour la musique.

Le centre Musique a le plaisir de vous inviter à marquer dans vos agendas les futurs rendez vous avec le programme culturel de la bibliothèque Meriadeck pour Janvier.

Le prochain rendez-vous des «Mardis de la Musique» sera le mardi 5 février 2019 avec une conférence sur: «L’apport des musiciens juifs au monde de la musique».

▶Suivez la programmation de conférences des Mardis de la Musique à l’auditorium de la Bibliothèque Mériadeck
85 cours du maréchal Juin
33000 Bordeaux
T: 05 56 10 30 00

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