Portraits d’une Ville et de son port

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PORTRAITS D’UNE VILLE

Dans le cadre des activités offertes par le Pass L’INFO, une visite guidée de l’exposition « Portraits d’une ville » était proposée aux Séniors par le CIAP (Centre d’Interprétation de l’architecture et du patrimoine , Bordeaux Patrimoine Mondial).

Celle-ci porte sur l’évolution de Bordeaux à travers son port. Julie GUIROY  médiatrice à Bordeaux Patrimoine nous a retracé avec toute sa connaissance l’histoire conjointe de la ville et de son port de -600 à l’horizon 2030.

Derrière les élégantes façades des quais, derrière les architectures régulières de pierre blonde qui égrènent leurs silhouettes le long des Chartrons jusqu’à Bacalan, résonnent les noms des femmes et des hommes qui ont fait le port de Bordeaux. Commerçants, bateliers, gabarriers, dockers, négociants, armateurs, corsaires, aventuriers, morutiers, etc. Le Port, apportent son lot de promesses, d’enrichissements lointains, de commerces lucratifs, a attiré une foule bigarrée aux accents venus de l’arrière-pays ou d’ailleurs qui marquera pour longtemps l’histoire singulière de Bordeaux.

Certaines familles, successivement arrivées du Portugal, d’Espagne, des Pays Bas, d’Irlande et d’Allemagne s’érigent en véritables dynasties comme le de Bethman, Gradis, et Exshaw, que l’on retrouve aujourd’hui au détour d’un nom de rue ou d’avenue. Certains sont appelés à occuper les plus hautes fonctions politiques et commerciales que peut offrir la cité. Ainsi David Johnston, deuxième génération d’une famille d’irlandais installée à Bordeaux après 1750, devient maire en 1818. Le Port de la Lune, c’est aussi cela : une identité qui se nourrit des départs et arrivées successives.

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AU PORT DE LA LUNE

L’histoire de la ville est intimement liée à celle de son port. A l’origine, il détermine son expansion et son identité.

Le port d’estey:

Jusqu’au XII éme siècle, le port est fixé sur l’un des deux cours d’eau qui traversent la ville, appelés esteys car ils sont soumis aux marées de l’estuaire. L’un d’eux, la Devèze, accueille le premier port intérieur. A la fin du II éme siècle, les remparts concentrent la ville autour de cet estey mais provoquent aussi son envasement progressif. Cela conduit au développement d’un nouvel estey, le Peugue. Au XI éme siècle, ce dernier alimente un marché et un bourg en développement; il s’étend jusqu’aux berges de la Roussette.

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Le port de mer:

Au début du XIV éme siècle, période faste de l’union Anglo-gasconne, le port a presque définitivement migré sur les berges de la Garonne que les gascons appellent la Mar (la Mer) où il s’étend sur près de deux kilomètres. parmi les activités portuaire désormais bien structurées, se détachent celles liées au port de Tropeyte, le port du vin, chargé d’exporter les productions sur les navires anglais à destination de l’Europe du Nord. Le long des berges, les chais servent à stocker le blé, le bois, le sel, la pierre, le vin, …

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Le Port de la Lune :

Au nord, hors les murs, se développe le faubourg portuaire des Chartrons, coupé du reste de la ville par le château Trompette édifié en 1453. Cet espace constitue une sorte de seconde ville où commercent négociants étrangers et protestants. Occupant désormais toute la courbure du fleuve, du Nord au Sud de la ville, le Port de la Lune est né. Vers 1820, le Pont de Pierre projette à la Bastide les bases d’un port industriel tout en scindant le port en deux, fluvial en amont, maritime en aval. Bassins à flots, docks et quais modernisent le port jusqu’aux années 1930.

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La migration du port:

Longtemps en estey, puis sur berge et sans cesse développé vers l’aval, le port a suivi, au cours des siècles, une trajectoire qui l’a conduit à migrer vers l’océan. Au début du XX éme siècle, le trafic maritime ne cesse de croître, mais la localisation du port fait obstacle à son développement. Soumise aux marées, la route de l’estuaire est longue depuis l’Océan. Devenu « Port autonome » en 1924, le port industriel se détache de la ville et de ses activités qui se délocalisent peu à peu dans l’estuaire. L’extension urbaine conduit à la disparition officielle de des activités portuaires de Bordeaux en 1980.

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Alain

 

 

 

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