Exposition photographique : Les « Belles images du Pis-aller »

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La 4ème édition de la Fabrique du Citoyen explore « les chemins de la liberté » dans les bibliothèques. Jusqu’au 27 avril, celle de Mériadeck expose des photographies du trio bordelais le «Pis-aller» : trois amis artistes (Alban Caumont – plasticien, Christian Gasset – dessinateur, Jacques Péré – photographe) pour lesquels plaisir et liberté de création résultent d’une contrainte dans leurs détournements iconoclastes d’images connues.

Le Pis-aller, comme son nom l’indique, se nourrit aux mamelles de la mythologie, de la peinture, de la photographie, de la littérature ou du cinéma : des personnages familiers de notre imaginaire collectif sont détournés, revus et corrigés. Faute de mieux ? Le trio veut « revisiter la vie merveilleuse des hommes illustres, des gloires de l’art, de l’histoire de France et du monde ».

Une contrainte pour plus de liberté créatrice
Pour cela, ils précisent avoir choisit librement une contrainte, à la manière de l’Oulipo* : « le LSD, à savoir le Léger Strabisme Divergent » : un prisme déformant qui trouble notre habitude visuelle. Humour, impertinence, déconstruisent l’œuvre originelle et apportent une dimension onirique, un regard neuf, poétique et toujours très respectueux. La règle du LSD, forme du antihasard cher à Claude Berge (mathématicien oulipien), produit là des créations où respire la liberté.

A la manière de George Méliès
Jacques Péré insiste : « Le respect est un critère essentiel de choix des personnage, et dans leurs détournement ». Toujours un même modèle, Christian l’un des trois compères, quelques bouts de ficelle et de papier mâché, un peu de colle, de peinture et de maquillage, un éclairage époustouflant suffisent alors à la magie, à la suggestion, au rêve. « Une seule prise de vue, et des photographies sans aucune correction ou montage informatique, en aucun cas, à la Méliès», insiste le photographe. L’aboutissement à ce travail d’orfèvre et de bénédictin provoque plusieurs niveaux de lectures. Chacun y trouvera une part de ses émotions et de ses souvenirs.

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Chaque image est assortie d’une exergue, partie intégrante de l’image présentée. C’est une forme de haïku, drôle, tendre ou féroce. Érudition, justesse des mots ou liberté de ton y sont un régal. Cependant leur support est parfois bien petit. Contrainte cette fois destinée au visiteur afin qu’il mérite ce « chemin de la liberté » ?

*Oulipo : Ouvroir pour la littérature potentielle : groupe de littéraires et de mathématiciens qui explorent, notamment, la notion de contrainte dans la création.

Bibliothèque Bordeaux-Mériadeck, jusqu’au 27 avril (accessible en audio description)
Pour aller plus loin :
Pis-aller : https://lepisaller.com
Oulipo : HYPERLINK « https://www.oulipo.net/ »https://www.oulipo.net

Eric

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