L’illusion fait se confondre imaginaire et réel. Elle nous plonge dans un univers de mélange entre art, science et divertissement. Une immersion vécue à Bordeaux, au Musée de L’Illusion.
Au début de l’exposition, tout semble d’équerre pour l’esprit des visiteurs, plutôt de nature cartésienne, qui se retrouve face à des formes géométriques rassurantes (cubes, trapèzes et parallélogrammes)… Sauf que le trompe-l’œil et l’illusion d’optique des perspectives sont à l’œuvre. Voilà qui déstabilise les certitudes, les perceptions et même le cerveau de manière scientifique. Face à cela, l’esprit réagit avec sa logique et construit sa propre réalité – en réalité illusoire – qui fait apparaître des figures de tailles identiques comme semblant de dimensions différentes. Et ça ne fait que commencer !
Ici, des spirales tournantes font perdre les repères, un peu comme La machine à remonter le temps et des polyèdres emportent, voire enferment les visiteurs, un peu à la manière du N°6 dans Le Prisonnier avec Patrick McGoohan, anciennes séries télévisées de fiction justement. Plus loin, c’est la pièce rêvée pour les amateurs d’heroic fantasy. Selon la position de chacun dans la pièce, il apparaitra aux observateurs restés à l’extérieur, soit comme un géant ou un troll ou au contraire comme un nain ou un Hobbit. Ne manquent que les déguisements. Dans le même ordre d’idées, en se tenant près d’un pilier, un visiteur apparaîtra de grande taille, tandis qu’un autre, sur une chaise, semblera de taille réduite, comme Gulliver, sur un fauteuil immense.
Ailleurs, les passants semblent marcher à l’envers dans le tram, tandis que plus loin, ils arpentent les murs des immeubles, comme dans un remake d’Inception de Christopher Nolan. Il existe de multiples autres possibilités, comme intervertir son corps, changer de visage avec ses voisins, voire se démultiplier en kaléidoscope, façon rosace… Côté jeux de lumière, un simple déplacement dans une salle permet de transformer la lumière blanche en spectre de couleurs et inversement, mais aussi de faire apparaître des motifs sur les murs variables suivant l’éclairage.
Même si « ce n’est pas Versailles ici » – mais Bordeaux – se retrouver projeté à l’infini par un jeu de miroirs comparable à la Galerie des Glaces est une expérience fascinante et sans fin. Enfin, il faut s’accrocher pour le clou du spectacle, qui plaira aux audacieux ! Rendez-vous dans le « TUNNEL », où même les plus stables peuvent se retrouver en être déséquilibrés. Âmes sensibles s’abstenir !
Le Musée de L’Illusion attend de pied ferme son public pour lui proposer une aventure dont ces lignes ne sont qu’un aperçu : un reflet en quelque sorte. Il faut aller, y voir de plus près et s’immerger complètement dans l’expérience !
Image d’en-tête : © Le Musée de L’Illusion de Bordeaux
Antoine SERRANO & Bertrand BARRIEU




















Article sympa, les images et la vidéo participent à son dynamisme
P.J.