Les petites places de Bordeaux -1- la place Georges de Porto Riche

Discrète, pleine de charme et toute en longueur, elle est située non loin de la place de la Bourse, entre la rue Jouannet et la rue du Pont de la Mousque, à deux pas des artères animées de la ville. Le piéton qui déambule dans la très passante rue Ste Catherine n’imagine pas qu’un tel lieu se cache tout près. 

Au Moyen Âge, elle s’appelait place St Rémi, du nom de l’église proche, elle abritait un cimetière paroissial, par la suite désaffecté et transféré dans le quartier des Chartrons à la fin du XVIIᵉ siècle. Georges de Porto Riche, d’origine italienne par son grand-père, naît au 6 de la rue du Pont de la Mousque en mai 1849. À l’âge de 20 ans, il quitte Bordeaux pour Paris où il devient un dramaturge reconnu pour son théâtre qui met en scène des pièces sur les rapports psychologiques du couple. En mai 1923, il est élu à l’Académie Française mais n’y siège pas, refusant de rendre un chaleureux hommage à son prédécesseur. Il meurt à Paris à l’âge de 81 ans. 

Georges de Porto Riche photographié par Nadar

Que penserait Georges de Porto Riche s’il revenait sur la place qui porte désormais son nom ? À la voir si tranquille, il aurait du mal à imaginer qu’à une époque encore récente elle était plus animée et avait la réputation d’être un des quartiers “chaud” de la ville, activité peut-être facilitée par la présence de l’hôtel d’Aquitaine au n°4.

La place Georges de Porto Riche connaît une embellie sous la mandature d’Hugues Martin en 2004, car le parking qui la défigure disparaît . Elle a maintenant retrouvé une ambiance paisible avec ses pavés et ses beaux immeubles en pierre du XVIIᵉ siècle, ses tilleuls pour l’instant taillés très ras et sa fontaine Wallace, comme celles que l’on trouve dans Bordeaux, par exemple Cours Xavier Arnozan ou place Mitchell.

Quelques bancs avaient été installés, permettant au promeneur de s’asseoir pour admirer la façade du N°2 de la place, couverte de jasmin, avec sa porte rouge vif mais ils ont été enlevés à la demande d’Alain Juppé. Ouverte côté droit sur la rue du Pont de la Mousque, un immeuble de belle allure intrigue : dans le bas de la façade, un mascaron rieur est entouré de deux diablotins.

L’immeuble qui intrigue avec des diablotins entourant un mascaron rieur.

On a envie de partager le plaisir de cette découverte mais on aimerait aussi la garder secrète, rien que pour soi.

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