Inconnu du grand public, ce « touche-à-tout » proche d’André Breton a été pionnier de la bande dessinée dite « adulte », en fait de la BD d’auteurs·trices. Retour sur la magnifique exposition qui lui était consacrée dans le cadre du festival Gribouillis.

Pour sa 5e édition en 2025 à l’église Saint-Rémi, le festival Gribouillis avait encore mis la barre haut avec 6 expositions : Juli Delporte, Sophie Guerrive, Philippe Katerine, FLorie Saint-Val, Pig Paddle Mannimarco et l’éditeur Éric Losfeld.


D’abord libraire puis éditeur, Éric Losfeld publia (ou republia) dans les années 60 de nombreux textes érotiques considérés par les juges comme obscènes : Le marquis de Sade, Sacher Masoch ou les livres d’Emmanuelle Arsan. À cette époque plombée par le puritanisme des années De Gaulle, il passe alors beaucoup de temps dans les prétoires des tribunaux.


Une plongée en images dans la fin des années 60
Dès 1965, il publia aussi des bandes dessinées destinées à un public adulte, notamment Barbarella de Jean-Claude Forest, BD qui inspira en 1968 Roger Vadim pour son film éponyme avec Jane Fonda.

Barbarella n’était pas uniquement un symbole sexuel, elle était aussi une femme courageuse et libre.


Après Barbarella, Losfeld publia plusieurs auteurs d’histoires féminines, Jodelle, Scarlett Dream, Epoxy, Pravda la survireuse…




Des héroïnes sexy mais pas uniquement ! Elles sont aussi indépendantes, courageuses et pleines d’humour, ce qui, à l’époque, tranchait avec la représentation féminine.



Du psychédélique !





Losfeld publia de nombreux auteurs, certains feront carrière chez Métal Hurlant.



Philippe Caza avec Kris Kool ou Philippe Druillet avec Lone Sloane feront leurs premières armes grâce à Losfeld.




Losfeld éditera aussi des adaptations graphiques de livres connus comme On tuera tous les affreux de Boris Vian.

Ne s’arrêtant pas aux auteurs français, Losfeld traduira aussi des ouvrages étrangers comme Valentina de Guido Crepax.



Guy Peellaert, auteur de Pravda la survireuse, commettra même une pochette de disque pour David Bowie.

Éric Losfeld a écrit son autobiographie, Endetté comme une mule ou la passion d’éditer, parue chez Pierre Belfond en 1979, dans laquelle il revient sur ses débuts et, entre autres, ses démêlés avec la justice.


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Et pour ceux qui voudraient en savoir plus, deux livres présentés à l’exposition vous permettront de tout découvrir sur cette période et sur Losfeld, pionnier de la BD d’auteurs·trices !

