Germaine Cellier, une Bordelaise devenue icône de la parfumerie !

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Pour Germaine Cellier, tout débute au début des années 40 (au siècle dernier) avec sa rencontre avec Robert Piguet, un couturier suisse qui est aussi un créateur de parfum. Il lui laisse carte blanche pour créer un parfum, ce sera Bandit « un cuiré sauvage éclairé de violette […], coiffé de fleurs blanches et de vétiver » en 1944.

Puis les créations vont s’enchainer, les plus connues seront Vent vert pour Balmain en 1945, et puis surtout Fracas à la tubéreuse et la fleur d’oranger (de nouveau pour Robert Piguet) en 1948, parfum qui est toujours commercialisé de nos jours.

Fracas sera porté par les célébrités de toutes les époques, Agnès B, Isabelle Huppert, Jerry Hall, Sofia Coppola ou Courtney Love.

À partir des années 50, Germaine Cellier disposa de son propre laboratoire et créa des parfums pour les plus grands comme Nina Ricci ou Balenciaga, tout en restant fidèle à Pierre Balmain. Pour ce dernier, elle inventa le capiteux Jolie Madame, dont le slogan était « plus qu’un parfum, une présence », et Monsieur Balmain, verveine et citronnelle.

Gouailleuse et fantasque, clope au bec et tailleur ultra chic, Germaine Cellier aura été un personnage détonnant ayant marqué l’après-guerre.

Sa vie commence en 1909 à Bordeaux, dans une échoppe non loin de la barrière de Bègles. Famille modeste, sa mère est herboriste, son père un peu touche-à-tout, elle grandit chez les sœurs à Créon, où elle fait les 400 coups avec sa cousine Catherine.

Passionnée par la chimie, elle est diplômée de l’école Scienta d’Auteuil et travaille chez un chimiste parisien, Louis Amic, qui détecte son talent de « nez ». Sa rencontre avec le couturier Robert Piguet change sa vie et lui donne l’occasion de devenir la première « femme nez » dans la parfumerie.

Dans les années 60, elle fréquente tout le gratin parisien, amie des acteurs François Perrier ou Bernard Blier, de l’actrice Maria Casarès, des peintres Jean Hugo et Christian Bérard. Elle organise des fêtes courues par le show-biz, à Paris et même jusqu’au Pyla.

Côté vie sentimentale, elle est la compagne du peintre Chas Laborde, du dessinateur Jean Oberlé et du joueur de tennis Christian Boussus.

Sûrement rattrapée par ses frasques, elle fume énormément et a un faible pour le Johnny Walker, et par les risques de son métier, elle respire un peu trop de produits toxiques, et meurt à 67 ans, à Clichy (en 1976).

Ce destin exceptionnel est raconté – la 1ère biographie de Germaine Cellier paraît-il – dans une magnifique bande dessinée parue en 2023, Germaine Cellier, l’audace d’une parfumeuse. De sa naissance à Bordeaux, à son enfance où elle découvre son don, un odorat hors du commun, la BD retrace la vie de cette créatrice « de fragrances affranchies des codes classiques ».

Cette bande dessinée est le résultat de la rencontre entre Béatrice Egémar au scénario, une passionnée par l’histoire de la parfumerie, et Sandrine Revel, une dessinatrice multi primée (Glenn Gould, une vie à contretemps, Chroniques de San-Francisco, Une farouche liberté Gisèle Halimi la cause des femmes).

Béatrice Egémar
Sandrine Revel

Clin d’œil de la vie, Sandrine Revel vit et dessine à Bègles, à moins d’un kilomètre de la maison où est née Germaine Cellier.

En lisant la BD, plus rien de la vie de Germaine Cellier, femme libre et moderne, n’aura de secret pour vous !

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