Mémoire de Bordeaux

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Les Éditions du Détour ont publié récemment l’ouvrage « Mémoire vivante » qui raconte la vie quotidienne au siècle dernier dans quatre quartiers de Bordeaux Sud.

Florence Louis, philosophe et coordinatrice de l’association Philosphère est co-autrice du livre avec Marianne Peyri, journaliste et ont été éditées par Juliette Mathieu, Les éditions du Détour. « Notre projet était de faire témoigner des habitants des 4 quartiers autour de la gare (Belcier, Carle-Vernet, gare Saint-Jean et sacré-Coeur) sur les mutations et les transformations qu’ils ont vécu » relate Florence Louis. Pendant 3 ans, les deux autrices ont recueilli des témoignages individuels et collectifs, de personnes âgées mais aussi d’élèves du collège Aliénor-d’Aquitaine, avec l’aide de clubs seniors, d’EHPAD, de RPA, de cafés, de la bibliothèque Flora-Tristan, de la Mairie de Bordeaux et de bien d’autres. Elles ont aussi mobilisé une association de photographes locaux. À partir de ces témoignages, Florence Louis et Marianne Peyri ont mis en perspective les propos recueillis avec les réflexions d’Ivan Illich sur la convivialité, celles de Jacques Ellul sur la technologie et l’approche de Bernard Charbonneau sur la notion de « banlieue totale » et de « déluge de bagnoles ». En clair, comment fait-on société, que l’on ait 85, 29 ou 11 ans ? Elles se sont aperçues que « les enfants ne connaissaient pas vraiment leur quartier, mais que leur endroit préféré, c’était … la gare« .

Capter l’âme des quartiers

Cet ouvrage donne la part belle à la photographie comme aux témoignages vivants. Il décrit le passage de ces quartiers à dominante agricole vers l’activité ferroviaire et les ateliers industriels qui vont avec, l’installation des cheminots et de leurs familles et aussi d’une population ouvrière, logés dans des échoppes et des petites tours, bénéficiant de jardins partagés. Il se termine par la mise en œuvre du projet Euratlantique, avec ses grandes tours, son architecture contemporaine, stimulé par l’ouverture de la Ligne à Grande Vitesse jusqu’à Bordeaux. Ce livre met en avant la diversité, parfois vive mais souvent apaisée, et la solidarité, mais aussi la perte de la mémoire et celle de la proximité avec la Garonne. De nouveaux modes de vie apparaissent, avec la fin des cinémas de quartier, l’emprise grandissante de l’automobile, mais aussi les mobilisations ouvrières de Mai 1968, le développement de la société de consommation, l’accélération de la « modernité » symbolisée par les transformations des quais de Paludate, et malgré tout un regain associatif : soutien scolaire, AMAP, ateliers artistiques et sportifs, animation de rue … Le livre se termine sur ces phrases : « L’âme des quartiers de la gare vibre encore sous la poussière des travaux, résonnant avec les liens que tissent ses habitants nouveaux et anciens. Nous y sommes les bienvenus ».

« Mémoire vivante », Éditions du Détour, 178 pages, 20€, dans toutes les librairies bordelaises.

Un commentaire

  1. Ces quartiers de Bordeaux Sud sont un de ceux qui ont subi les plus grands changements depuis ces dernières années.Dans les années 70 j’ai travaillé dans une entreprise qui s’appelait Bordeaux -Sud et était implantée à Belcier.J’ai un peu la nostalgie de ce quartier……l’entreprise a disparu et mes 20 ans aussi……Merci à Emmanuel de m’avoir fait connaître l’existence de ce livre.

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