On associe souvent le street art aux grandes fresques qui colorent nos villes ou aux signatures (jugées souvent plus discutables) qui tatouent les murs jusque dans les endroits les plus inaccessibles.
Il en existe d’autres formes, plus discrètes, quasi furtives, que l’on peut découvrir au hasard d’une pierre, d’un poteau, d’un muret. À Bordeaux, il existe des trottoirs qui se transforment peu à peu en paysage marin, sous les traits d’un artiste anonyme. Il ou elle a utilisé les irrégularités et les cloques du bitume et les a transformées en corps irisés de méduses. Elles sont comme échouées sur les trottoirs de la rue de Bègles. On en a repéré d’autres, sur le Pont de Pierre. L’artiste prend ainsi au pied de la lettre, le slogan né il y a plus de cinquante ans : « Sous les pavés, la plage »… Il s’agit bien d’un art furtif, car on sait que la pluie et le temps effaceront inexorablement, comme dans la chanson, ces belles traces poétiques…