« Simple comme Sylvain » a remporté le César du meilleur film étranger. Pour sa clôture le FIFIB a accueilli Monia Chokri pour son 3e long métrage, dans lequel elle a abordé les rapports de couple et les différences de classes. Il s’agit d’une satire hilarante, polar sexuel, love story mélancolique. Professeur de philosophie Sophia (Magalie Lépine -Blondeau )dont le couple ronronne, retrouve la flamme dans l’adultère.
À travers la rusticité de son amant ( Sylvain ), elle expérimente le côté plus animal de l’amour, voire sadomasochiste. Mais le manque, d’éducation et de culture de Sylvain, vient mettre un frein à son désir charnel. Après l’expérimentation vient le constat; indépendante de par son milieu socioprofessionnel, elle se trouve dans une impasse, découvrant chez son amant possessif et violent une forme de domination masculine dont la femme aujourd’hui tente à s’émanciper. Ce film montre l’affection de Monia Chokri pour le cinéma italien des années 60 à 80, plus précisément pour les codes couleurs du GIALLO, (écrin chromatique comprenant le jaune, le rouge et le noir) afin de créer cette ambiance bien particulière au travers des jeux d’ombre. Dans la continuité de son discours à Cannes sur » la Mythologie du Génie » où elle dénonce une forme de violence dans le milieu cinématographique : harcèlement et rapports de pouvoirs, sa direction d’acteurs est novatrice. À ce sujet on retiendra les propos de Magalie Lépine-Blondeau : « Ce film on l’a fait dans l’amour grâce à elle, il est en totale symbiose et cohérence avec sa façon de travailler « .
L’Amour ne serait-il donc pas aussi simple que Sylvain? C’est, semble t-il ce sentiment, teinté de déconvenue et de désillusion ,qu’ont partagé deux jeunes filles à la sortie de la projection du film.
Article de Brigitte et Antoine