C’est dans l’échoppe associative du 113 quai de la Souys à Bordeaux-Bastide que s’installe jusqu’au 3 novembre l’exposition-littéraire de Claire Kanopée autour de son livre L’âge de l’être – Tranche de vie intranquille publié aux éditions Le Lys bleu.
Le Réseau Artistique Futile et Utopique
Une présentation qui correspond bien à l’association Le RAFU : Réseau Artistique Futile et Utopique. Ce tiers-lieu créé par Marie Sporny Diakité il y a déjà quelques années se veut créateur de liens artistiques. « Notre association artistique (et café associatif) fait découvrir les arts multiples dans une dynamique conviviale et participative». Elle propose de réaliser un projet participatif pour l’accès à l’art et à la culture pour tous, en ayant pour vecteur des artistes plastiques, musiciens, danseurs, écrivains… Agréable, lumineuse et conviviale, « cette adresse manque cependant d’une signalétique forte pour les passants du quai ou de la piste cyclable« , déplorent les visiteurs.
Exposition littéraire
Aujourd’hui c’est Claire Kanopée qui ouvre la saison 2024/2025 avec une présentation dialoguant entre œuvres d’art plastique et écriture. L’autrice présente ce jeudi 24 octobre, accueille, présente, commente et répond aux questionnements des visiteurs.
Au début : l’art plastique
L’autrice, alors en état de burn-out sérieux, commence à se restructurer doucement autour d’abord d’une pratique artistique plastique. Naissent des œuvres très symboliques, secondes vies d’objets du quotidien, symboles d’une seconde vie personnelle. « C’était le moment de me reconstruire, de me réparer, de me panser » dit-elle. Des fleurs mais aussi par exemple des bouchons en forme de matrices utérines. Des objets artistiques « permettant une libération émotionnelle, et d’avoir la tête plus tranquille ». Des œuvres qui vont être révélatrices de points d’appui d’un récit, écrit cette fois-ci.
Autobiographie salvatrice
Le livre « L’âge de l’être » est le récit d’une autobiographie restructurative d’une histoire pas simple d’inceste qui se révèle après un burn-out. « Sur un mode très narratif, et surtout tolérable pour mon entourage » dit Claire. « Sentir l’insoutenable, l’intime et l’universel. Une quête difficile pour comprendre et surtout pas pour rechercher des culpabilités dans des événements familiaux lourds et éprouvants. L’agresseur est aussi victime inconsciente d’un système familial… Salvatrice aussi pour la lectrice ou le lecteur avec un style neutre et pacifié » Sublimer les maux. Libérer les entraves, la parole. Quête de sens. Parcours personnel. Point de rupture longtemps évité. Questionnements universels.

Métatron
Le dialogue, entre œuvres exposées et livre s’installe. Double pratique entremêlée. « Des liens qui se croisent comme des moments de vie ! C’est ce que j’ai véritablement senti et vécu en parcourant l’ouvrage comme un roman policier et en voyant les derniers accrochages muraux » raconte Béatrice qui visite l’exposition. Ces fils se réunissent, se révèlent, se tissent à l’écriture en forme de cubes de Métatron*. Ces derniers porteraient une dimension symbolique forte, et une très puissante protection contre des énergies négatives. Apaisement et libération de l’individu en découle.
Métatrons, eux mêmes très présents en fin de parcours de l’exposition plastique. « Une géométrie sacrée. Elle est en parallèle avec les points saillants de ma vie » précise C. Kanopée, « Les éléments sont posés au fur et à mesure et mis en lien avec une écriture compréhensive. Ils permettent une vison globale en prenant de la hauteur et regardant à la fois vers le sol et le ciel comme dans la canopée d’où mon nom d’autrice. Avec la lettre K, symboliquement plus connectée au sol comme au ciel avec deux barres à chaque fois » précise encore Claire Kanopée qui rajoute « Ma reconstruction a été possible aussi grâce à l’analyse existentielle et la logothérapie**. »
Enfin, une playlist de musiques écoutées pendant la rédaction accompagne l’ouvrage. Une suite peut être ? Pour renvoyer chacun vers ses propres tabous et malaises. Pour dénoncer encore et encore l’inceste, évoquer la restructuration. Mettre cet écrit en forme pour une éventuelle mise en scène sur les planches ou en court métrage ? « J’y pense » avoue l’autrice.
Informations complémentaires :
Exposition-littéraire ouverte au RAFU au 113 Quai de la Souys à Bordeaux, jusqu’au 3 novembre, 11h-14h les mardis, jeudis et vendredi. 11h-18h les mercredis et samedis. L’autrice sera présente dimanche 3 novembre de 15 h à 18 h.
RAFU, 113 quai de la Souys, 33100 Bordeaux-Bastide. Tél 06 51 57 85 49. assorafu@gmail.com
*Métatron est le nom d’un archange du monde divin puissant et protecteur des hommes selon la tradition juive.
**Forme de psychothérapie centrée sur l’avenir et sur notre capacité à endurer les difficultés et la souffrance à travers la recherche d’un but. Développée par le psychiatre et psychothérapeute Viktor Frankl.