Romain Jubert, directeur éditorial de la revue Vieux, animait ce matin au 2e Contre salon des Vieilles et des Vieux au marché des Douves l’atelier « Qui pour payer la facture de la grande dépendance ? ». Il nous a accordé une interview pour parler de sa revue Vieux.
Romain Jubert est écrivain et directeur éditorial des magazines Bon et Vieux. Présent au contre salon des Vieilles et des Vieux, Romain Jubert a bien voulu nous accorder un moment pour parler de son magazine. Il copilote Vieux « Le magazine qu’on finira tous par lire », avec Antoine de Caunes. Une équipe de journalistes, écrivains, illustrateurs et humoristes y abordent les enjeux de la vieillesse et posent un regard audacieux sur le temps qui passe. L’état d’esprit de VIEUX peut être résumé en une phrase, celle de Groucho Marx : « Dans chaque vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé. »
Une conviction : il faut assumer son âge et participer activement à la société. La vieillesse c’est le temps de la transmission, du partage, de l’expérience et des découvertes. Ce n’est pas un journal pour les Vieux en fait, c’est un journal pour tous ceux qui vont le devenir : donc tout le monde. Et ne l’oublions pas, on est toujours le vieux de quelqu’un !
Sorti en 2024, le magazine s’est vu décerner le Trophée de l’Innovation Presse & Médias dans la catégorie « Meilleur lancement pour un titre de presse ».


Romain Jubert, vous êtes le « jeune père » de 2 magazines : Bon bientôt 4 ans et Vieux, bientôt 2 ans. Comment va Vieux, votre petit dernier ?
Vieux se porte très bien, il est né sous une bonne étoile : 150 000 exemplaires dès le premier numéro. C’est plus qu’un succès de vente. Avec mon camarade Antoine de Caunes, nous avons construit une sorte de famille et cela a dédiabolisé le mot « Vieux » qui était mal perçu. Quant à Bon, mon ainé, il parle d’environnement, de bons produits, de bonne cuisine et de bonnes pratiques de la nourriture. Thierry Marx dit que le bon c’est l’économie de la qualité.
Pourquoi aborder le thème de la vieillesse ?
La vieillesse, c’est un peu un déni français en termes d’organisation politique, de réflexion. Les vieux c’est comme les cimetieres, on les met à la périphérie des villes. Mon idée en créant Vieux, c’était de faire revenir les bonnes énergies : pour des Vieux sauvages, alors qu’il y avait avant des magazines pour des Vieux d’élevage. Cette idée rejoint celle du CNaV, qui a pour devise Rien pour les vieux sans les vieux !
Le titre de votre revue peut faire fuir le lecteur. Qui a envie de lire des articles sur les Vieux ?
La philosophie de Vieux, c’est une phrase de Groucho Marx « Dans chaque Vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé. »

Quelle a été votre inspiration ?
Un jour dans un kiosque, j’ai remarqué qu’ il n’y avait que des magazines pour mes grands-parents et rien pour les boomers. Le rapport à l’âge a changé, c’est d’ailleurs le thème de notre prochain numéro. Pour preuve, Antoine de Caunes a 72 ans, Mick Jagger 80 ans !
Vous êtes jeune, vous pourriez presque être le fils d’Antoine de Caunes… À quel âge pensez-vous devenir vieux ?
J’aurai du mal à vieillir ! On est vieux lorsqu’on n’a plus de projets.
On peut être vieux à 20 ans comme on peut être jeune à 90 ans. Quel âge avez-vous dans votre tête ?
Je pense que j’aurai tout le temps le même âge : 24 ans.

Finalement, vous enviez quoi aux Vieux ?
J’envie à bon nombre de Vieux leur absence d’ego.
Ceux avec qui je travaille : tous ceux du CNaV, Antoine de Caunes, Blandine de Caunes, Jean-Loup Chiflet, Olivia Gazalé, Jackie Berroyer, Patrice Leconte… sont là pour s’amuser et faire péter les pétards sous les voitures.
Sylvie et Magali