Dans les réserves du Muséum de Bordeaux : la biodiversité des collections

magalihill33's avatarPublié par

Senior Reporter : Quels sont les défis majeurs liés à la conservation des collections naturelles ?

Laurent Lachaud : La conservation des collections d’histoire naturelle est un peu particulière, car celles-ci concernent des matériaux très divers. On pense aux poils, aux plumes, aux écailles, aux os, aux coquilles, mais il y a aussi les minéraux, les roches dont certaines sont radioactives. Chaque matière demande une attention particulière et la réussite de la conservation passe par la prévention, par les actions mises en œuvre pour prévenir la dégradation, comme le contrôle du climat, l’absence de lumière etc. Le secret c’est donc la conservation préventive.

SR : Comment le Muséum intègre-t-il les nouvelles technologies pour améliorer la conservation ?

LL : Les nouvelles technologies et la recherche nous ont offert des moyens d’action et de la surveillance qui ont amélioré les méthodes de conservation et permettront aux collections de perdurer dans le temps. On pense notamment à la congélation, à l’anoxie (diminution de la quantité d’oxygène que le sang distribue aux tissus), qui permettent d’assainir les collections, mais aussi les sondes thermiques qui nous renseignent en permanence sur les conditions climatiques.

SR : Quelle est l’importance des collections du Muséum pour la recherche scientifique ?

LL : L’importance scientifique est multiple et a aussi évolué dans le temps. Ces collections ont permis de regarder le vivant, de le classer et de prendre conscience de son exhaustivité. Elles sont très importantes car elles renseignent sur l’évolution des milieux et sont la référence pour toute la communauté scientifique : lorsqu’une nouvelle espèce est trouvée, il faut pouvoir la comparer afin d’affirmer qu’elle est réellement nouvelle. Les collections sont les témoins génétiques de toutes ces espèces conservées. Dans les poils et les plumes l’ADN perdure, lorsque cela concerne des espèces éteintes c’est encore plus important. Nous avons effectué des prélèvements sur nos spécimens comme le bouquetin ou l’ours des Pyrénées, espèces disparues dans la nature mais encore présents dans nos collections.

SR : Quelles sont les prochaines grandes étapes pour le centre de conservation des collections ?

LL : Elles se situent en particulier dans la gestion de l’énergie et la gestion climatique. Si je devais utiliser une métaphore, nous sommes dans une démarche qui va nous permettre de faire du sur-mesure et non du prêt-à- porter : plus d’attention pour plus d’efficacité. Nous allons commencer l’expérimentation.

SR : Comment le Muséum sensibilise-t-il le public à la préservation de la biodiversité ?

LL : Le simple fait de passer la porte du Muséum est déjà une victoire. On prend conscience de l’extraordinaire beauté et de la diversité du monde vivant qui nous entoure. On ne ressort pas de la visite comme on est rentré : on sort plus conscient, plus respectueux, c’est déjà une grande avancée.

Magali et Nicole

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