Les petites places font le charme d’une ville mais ne sont pas toujours connues, cette série permet d’aller à leur rencontre et de découvrir des coins cachés de Bordeaux.
À deux pas du Jardin public, cette jolie place ovale, nichée entre la rue d’Aviau, le cours de Verdun et la rue du Jardin public invite le promeneur à se poser un instant pour admirer les immeubles élégants qui l’entourent.



Discrète et à l’écart de l’agitation urbaine, la place Mitchell demeure invisible si on ne la traverse pas et le passant qui la découvre n’imagine pas qu’elle a servi de parking jusqu’à la fin des années 90. Michèle habite le quartier depuis de très nombreuses années, elle se souvient: “c’était un parking à ciel ouvert, les voitures étaient garées en épi face au trottoir, d’autres au milieu de la place en plusieurs rangées, elle n’avait bien sûr pas le charme d’aujourd’hui” . Mais, en avril 1998, un projet de la municipalité vise à lui redonner une image de place de quartier, plus agréable et conviviale en limitant la circulation des véhicules et le stationnement. Joliment « relookée » elle est inaugurée en 2001 par Alain Juppé, alors Maire de Bordeaux.

Des chaises en fer forgé
Un nouveau mobilier urbain complète cette rénovation avec une dominante verte pour la couleur des lampadaires et des chaises en fer forgé rivées au sol. Elles sont semblables à celles du Jardin public où au siècle dernier, une chaisière encaissait le prix de leur location. Sans oublier une jolie fontaine Wallace, sculptée par Charles Lebourg, d’un vert assorti aux chaises.


La nature n’a pas été oubliée dans le projet avec la plantation de poiriers qui ne donnent pas de fruits mais embellissent la place au printemps. Leurs fleurs blanches créent une ambiance japonisante, le plaisir est toutefois fugace car au moindre coup de vent, les pétales s’envolent. En mai, les jasmins plantés devant chaque immeuble prennent le relais et la place embaume. L’été, les arbres sont suffisamment feuillus pour faire de l’ombre aux amateurs de pique-nique et lorsque vient l’automne, c’est une symphonie de tons cuivrés.


La Verrerie Royale
Mais sait-on qui était Pierre Mitchell dont la place porte le nom ? Il naît en Irlande en 1687 puis émigre en France. D’abord charpentier de barriques, il s’installe à Bordeaux dans le quartier des Chartrons où il fonde la Verrerie Royale en 1723. Celle-ci occupe un large périmètre, à l’emplacement actuel de la rue de la Verrerie, de la place et de l’impasse Mitchell, de la rue d’Aviau et du cours de Verdun, ce qui donne une idée de son importance. Il crée plusieurs formes de bouteilles en verre, celle de forme bordelaise que nous connaissons aujourd’hui ainsi que le Jéroboam.

La mémoire de Pierre Mitchell s’est effacée mais son nom demeure et si la place Mitchell n’est pas la plus connue de Bordeaux, elle demeure celle qui a le plus de charme, la devise de ses habitants pourrait bien être “pour vivre heureux, vivons cachés”.
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