« Herbes folles, plantes sauvages, toi qui colore le trottoir tu t’accroches, tu voyages, es-tu propre ? désirable ? »
Le 5 juin 2026, à la Halle des Douves, l’association « Aux arbres citoyens » a organisé une conférence présidée par Agnès Doherty* sur l’utilité des herbes urbaines. Là sont intervenus des botanistes, Olivier Sigaut et Sandra Barrère ainsi qu’un artiste plasticien, Laurent Cerciat.
Ainsi, la nature s’invite en ville. Elles sont là les plantes du bitume, au pied des arbres, dans les interstices des trottoirs, le long des murs de pierres. On les dit « folles » ou même « mauvaises », alors qu’elles se contentent de peu pour survivre : un peu d’espace, un peu de terre, un peu d’eau. Elles ont la vie dure mais elles révèlent leur secret à qui veut bien faire leur connaissance.
Elles s’appellent Vergerette, Pâquerette, Mauve, Rose trémière, Pourpier, Plantain, Pariétaire, Pissenlit…

Des plantes comestibles et médicinales en pleine rue
Une vingtaine de plantes sauvages ont été répertoriées de la rue des Douves au parc André Meunier. Il s’agit alors d’apprendre à les connaître et de découvrir leurs vertus. Ainsi la mélisse au parfum de citron se consomme en tisane ou infusion et peut être utilisée en cuisine. La mauve convient bien aux salades, ses pétales sont excellents. La pariétaire se prête plus aux soupes ou veloutés. La feuille de la rose trémière est très utilisée en Egypte comme légume. La vergerette, par son action anti-inflammatoire est utile pour lutter contre les problèmes intestinaux et l’arthrose. Le plantain lui est très efficace contre les piqûres d’insectes, ses feuilles sont comestibles crues ou cuites. Tout se consomme dans le pissenlit, ses vertus sont immenses.
Mais alors, ces petites plantes souvent méprisées sont utiles à notre santé !

Les plantes urbaines, lieu de la biodiversité
Cette végétation sauvage joue un rôle important pour la biodiversité. Comme le dit Laurent Cerciat, artiste naturaliste : « celle-ci n’est pas un catalogue de plantes mais un ensemble d’interactions dans lesquelles on évolue. Non seulement utiles à l’humain, les plantes sont un refuge pour les escargots, les coccinelles, les papillons. L’exemple du très beau papillon appelé « Paon du jour » en est l’illustration. Ce nymphalidée ne vient que sur les orties, si elles disparaissent, il disparaît aussi. La connaissance de la nature dont nous faisons partie, doit être transmise aux jeunes générations, à travers la création d’oeuvres artistiques par exemple ».
Poétique des plantes sauvages intégrées dans des oeuvres plastiques
Laurent Cerciat a conduit plusieurs projets qui sensibilisent à la connaissance des plantes sauvages. Sur le thème « Voyage des graines », six classes de l’école élémentaire Dupaty ont participé à une fresque végétale exposée sur la façade de l’établissement et sur celle du Globe Théâtre. Ce peut être des sculptures en papier, de la vidéo, des photos, jusqu’à la création de vrais jardins.

À l’hôpital Charles Perrens, au centre régional des psychotraumatismes, est créé « le jardin des égards » pour prendre soin de soi et du vivant. Patients et soignants participent à part égale, dans le respect de la permaculture, de l’eau à économiser, de l’adaptation au changement climatique. Une fresque composée de mousses récoltées en forêt a été réalisée par collage avec un mélange de farine et de colle.

La végétation urbaine rend bien des services : elle tempère les îlots de chaleur, elle participe à la dépollution de l’air et même à la désintoxication des sols. Elle est précieuse pour la qualité de notre vie. Protégeons-la. Avec les plantes nous sommes dans le même bateau et nous pouvons adopter l’adage : « Adaptation et Résistance »
* Précision : La chanson d’introduction a été composée pour l’ouverture de la conférence, par Agnès Doherty. Celle-ci l’a chanté accompagnée de son ukulélé devant une nombreuse assistance. Le petit Larousse des plantes qui guérissent et le site Plantnet ont été des sources essentielles au contenu de cette conférence, « Aux herbes citoyens ! »

Pour information, l’association « Aux arbres citoyens » a été créée en 2019 en protestation contre l’abattage d’arbres urbains. Elle continue a défendre la végétalisation de la ville de Bordeaux.