Le Petit Parc, café-cantine situé sur le côté de la Salle des Fêtes du Grand Parc à Bordeaux, est un endroit qui se veut lieu de liens, de ressources, et qui soit accueillant pour des familles. Des livres et des jeux de société sont mis à disposition dans le coin enfants. Les 2 Paulines créatrices du lieu, avaient dès le début du projet l’idée de pouvoir y écouter des histoires.
Qui dit café dit jukebox. Pauline Berlioz nous en détaille sa genèse «l’équipe de bénévoles a travaillé au départ sur l’imaginaire visuel de la représentation du juke-box. Petit à petit, l’idée que ce soit un refuge l’a transformé en cabane pour que l’on puisse se mettre dedans ».
Plutôt que d’écouter de la musique, si on écoutait des histoires ?
Dans la cabane, les jeunes auditeurs doivent se mettre d’accord sur ce qu’ils vont écouter. Ils sont au maximum 4, en écoute simultanée, casque sur la tête.
Pauline Berlioz ajoute «Tout cet enjeu de discussion dans un petit groupe pour choisir ce que l’on veut écouter, est un apprentissage de la négociation, du vivre ensemble. C’est vraiment le cœur du projet du Petit Parc».



La cabane n’est pas exclusivement réservée aux petits. Elle a été conçue pour accueillir à l’intérieur, un ou une lectrice à voix haute, comme dans un théâtre. La diffusion avec un haut parleur est aussi prévue. Toutes les personnes présentes dans le café peuvent ainsi profiter du son, si l’envie se présente.
Le partenariat avec Félix et associés, designers de profession, très intéressés par le projet, a permis de concrétiser les envies de la dizaine de personnes réunies en chantier participatif. Avec eux, ils ont pu pousser loin la réflexion, sur la conception, comme par exemple la mixité d’usages du projet.
Pauline Berlioz nous explique «Félix et associés ont fait le croquis puis l’ont transformé en schéma de construction. Ils sont venus en appui pour nous aider à finaliser, à passer du dessin à l’objet droit, qui tient, qui ne s’effondre pas sur les gens. Ce soutien professionnel vient cadrer et dire : oui, ça c’est possible, ça c’est un peu dangereux ».



Pour lire les fichiers audio-numériques, 2 tablettes ont été disposées de chaque côté du pilier central sur lequel sont accrochés les casques.
Pauline Berlioz revient sur le côté numérique du projet «on s’était imaginé qu’il nous faudrait des petites cartes à mettre dans un lecteur qui lancerait les histoires… On est revenus un peu sur terre. Mais c’était intéressant d’aller jusqu’au bout du bout et d’exprimer le fait qu’on aimerait bien sortir de la tablette ».

Il a fallu créer une interface utilisateur qui soit simple à utiliser, qui ne plante pas.
Pauline Berlioz complète, à propos de l’application « on a une bénévole qui fait du développement informatique. Elle est intervenue sur la création de l’application. Elle en a identifié une, proche de nos besoins, que nous avons acheté pour quelques centaines d’euros. Elle l’a modifié afin de l’adapter au projet. Je pense que c’est important dans tous les projets associatifs, mais celui-là, particulièrement, de trouver des solutions qui soient libres de droits, ou pas trop chères. »
Un rouleau de carton ondulé, le bois du plancher, les casques et les tablettes ont dû être achetés. À part cela, récupération des matériaux utilisés : les tissus, le papier peint, les rideaux, les peintures… Des boîtes d’œufs ont servi d’isolants, avec la cuisine, facile d’en récupérer. Des ateliers de tissage ont été organisés pour décorer les coussins et les jeunes de l’académie Younus sont venus prêter main-forte tout au long du projet.


Maintenant que la structure et l’interface existent, il faut mettre une « playlist » dedans.
Pauline Berlioz nous détaille un point à propos des contenus «on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’associations sur le quartier et ailleurs, qui travaillaient sur des contenus sonores. C’est à la mode le podcast. Mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas forcément beaucoup de lieux de diffusion.»
L’ association Afalac de Bacalan fait des enregistrements bilingues. Elle a mis à disposition quelques contenus dans la cabane. Des bénévoles du Petit parc ont eux aussi, eu envie de raconter des histoires. Il a fallu improviser des moments d’enregistrement, donc les toilettes ont été rebaptisées «STUDIO ». Les ateliers d’écriture réguliers du jeudi matin, ont débouché sur la création d’un conte original (la fenêtre aux papillons ). Pleins d’autres idées surgissent comme celles de raconter des recettes de cuisine puisque l’endroit est une cantine, de raconter l’histoire du lieu si personne n’est disponible pour le faire… Et pourquoi pas y faire écouter des podcasts des seniors reporters ?


Pauline Berlioz raconte « une de nos administratrices est une enseignante du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased). Ses élèves sont en difficulté d’apprentissage notamment sur la lecture. Elle s’est saisie de ce projet pour leur faire enregistrer une lecture à voix haute. On a un contenu dit par les élèves de sa classe. C’est très valorisant pour les enfants de savoir que le travail qu’ils ont fait a une existence en dehors de l’école, dans un lieu accessible à tout le monde. »


Souhaitons que l’idée de cette cabane à histoires soit reprise dans d’autres lieux !
L’association le Petit Parc https://www.facebook.com/profile.php?id=100069248724716
L’association AFALAC https://www.famillelanguescultures.com/pages/qui-sommes-nous/l-association.html
L’académie Younus https://www.academie-younus.com
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