Les métiers de l’imprimerie 2/6: la photocomposition

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Suite au précédent article traitant des compositions manuelles et automatiques, cet article est consacré à la photocomposition. Cette (r) évolution de la typographie ouvre largement le champ des applications en matière de publication tout en diminuant les coûts de production, la part salariale en particulier.

Comme son nom le suggère, la photocomposition fait appel à la photographie: l’utilisation du plomb est remplacée par celle de supports photosensibles. Des recherches dans ce domaine apparaissent dès la fin XIXème siècle; c’est grâce à l’informatique que la photocomposition trouvera son aboutissement avec le procédé « Offset « . Le présent article se propose de présenter deux étapes qui balisent l’histoire de la photocomposition: la « Diatype « et « l’Offset « .

La Diatype

Disque de Diatype
Disque de Diatype.

La Diatype naît en 1960 dans la fonderie allemande de Hermann Berthold, spécialisée jusqu’alors dans la fabrication de caractères en plomb. Cette petite photocomposeuse permet à l’opérateur de sélectionner les caractères à l’aide d’une poignée mobile qu’il déplace devant un tableau à partir duquel il peut trouver, parmi 190 caractères, celui qui est nécessaire à sa composition. La pression sur un bouton situé sur la poignée mobile déclenche le « flashage « qui consiste à exposer les caractères à un éclair lumineux. Le faisceau « …passe à travers un disque [matrice, voir illustration] et sensibilise un papier bromure ou un film… la composition terminée sera traitée chimiquement en chambre noire » explique M. Raymond Laborde, typographe, membre du Musée de l’Imprimerie. « On choisit un disque par police et le corps (de 6 à 24) est déterminé par la focale de l’objectif  » poursuit-il. Le négatif révélé sert ensuite à la réalisation d’un tirage contact qui fournira le positif nécessaire à l’impression.

L’Offset

Plaque Offset.
Plaque Offset

L’offset (de l’anglais to set off, reporter) est un procédé d’impression qui, dans son principe s’apparente à celui de la lithographie (prochain article), à savoir l’antagonisme de l’eau et des corps gras, la pierre étant remplacée par une plaque souple, la plaque offset. Comme la présente M. Jean-Claude Bruneaud, typographe membre du Musée de l’Imprimerie. « La plaque Offset est constituée d’un substrat généralement en aluminium qui sert de support à deux surfaces ayant des propriétés différentes, une [lypophile]doit accepter l’encrage (cuivre ou polymère) , la seconde est hydrophile (à base de sels) .  » À partir d’un fichier informatique généré par un équipement de Publication Assisté par Ordinateur (objet d’un prochain article), la plaque est insolée par un faisceau lumineux qui épargne, sur la couche photosensible, la partie à imprimer. En chambre noire, l’image est ensuite révélée et fixée chimiquement. Après rinçage et gommage, la plaque est « prête à l’impression. » L’impression de documents en couleurs nécessite la réalisation de quatre plaques, une pour chacune des couleurs suivantes: cyan, magenta, jaune et noire. On parle ici d’impression en quadrichromie.

En savoir plus: Musée atelier des métiers de l’imprimerie – 8 rue du Fort Louis – 33000 Bordeaux
Tél : 05 56 92 61 17 / Courriel : mib33800@gmail.com

B.Barrieu, P.Jallageas

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