
Evènement culturel majeur pour Bordeaux et sa région, il doit trouver sponsors, mécènes, donateurs et conforter ses partenaires pour assurer son financement.
C’est le rôle de Pauline Reiffers, co-fondatrice, Secrétaire-générale du FIFIB. Cela implique un lien étroit et permanent avec Johanna Caraire – autre co-fondatrice et Déléguée-générale du FIFIB – et l’équipe de programmation. Payer tout cela coûte de l’argent et implique un budget conséquent. Pauline explique : « Un budget important nécessite de faire rentrer de l’argent. La programmation, les invités, les personnalités attendues, les coûts ainsi générés sont suivis au jour le jour pour affiner les besoins. La recherche des sponsors et du mécénat qui s’en suit est importante. Elle se fait donc en lien étroit avec le pôle programmation. Cela permet aussi d’ajuster les recherches aux besoins recensés ».
Les financements publics: les subventions
Il s’agit de partenaires publics, dont la participation est reconduite au fil des ans et dont l’enveloppe est connue. On y compte la ville et la Métropole de Bordeaux, le Département de la Gironde, la Région Nouvelle-Aquitaine. Chacun finance des centres d’intérêt et des actions différents. La municipalité de Bordeaux, par exemple, finance le fonctionnement du Festival et le rayonnement de la ville. Pauline précise que « l’importante subvention de Bordeaux – 80 000 € – est essentielle, car elle permet la prise en charge des salaires des personnels Fifib, la communication les frais administratifs, Internet et comprend la mise à disposition les locaux et de la cour Mably ». La Métropole finance des actions importantes comme le Festival, pour les retombées en termes de rayonnement, d’attractivité et de tourisme local : « pour cet aspect de mise en lumières, elle contribue pour 28 000 € », complète Pauline. Le Département apporte son concours au profit des publics empêchés, comme les Centres pénitentiaires ou les Centres éducatifs fermés. « Pour ces derniers, comme le Centre Sainte Eulalie qui constituent la phase avant l’incarcération, il alloue 15 000 € » indique Pauline.
D’autres aides de la Région Nouvelle-Aquitaines
La Région Nouvelle-Aquitaine subventionne le soutien au cinéma auxquels sont rattachés les dispositifs professionnels du Festival, tels que :
La résidence du C.L.O.S (Créations Libres et Originales du Septième art), résidence artistique pour les cinéastes issus de pays francophones. Des consultants et collaborateurs travaillent avec eux sur leurs projets au chalet Baron à Lormont, du 11 au 20 Octobre. Pour Pauline « la subvention de la Région, à hauteur de 58 000 €, permet la prise en charge de la totalité des frais de transport, restauration et logement de ceux-ci, dont beaucoup viennent de loin, comme celui qui vient du Burkina Fasso, cette année ».
Talents en cours – Nouvelle-Aquitaine. Il s’adresse à de jeunes talents de la région, issus de quartiers sensibles [QPV (1)] ou de zones rurales isolées et qui n’ont pas eu l’opportunité d’intégrer des écoles de cinéma, de suivre des formations ou d’acquérir de l’expérience dans le Cinéma. Ils sont accueillis Villa Valmont à Lormont. C’est un partenariat entre quatre festivals. Pauline explique « Cet accompagnement en quatre étapes, correspond à l’ordre de déroulement de ces Festivals : le Festival du film de Contis, le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, le Poitiers Film Festival et les Rencontres Internationales du Moyen Métrage – Festival du Cinéma de Brive. C’est à Brive que les réalisations sont présentées devant un public de professionnels, distributeurs et exploitants, … ».
Nouvelle-Aquitaine FILM WORKOUT. (NAFW). Pour des films déjà tournés, mais non finalisés, il apporte une aide à la Post-Production, coordonnée par le FIFB, pour l’étalonnage, le mixage, … Un Jury de professionnels désigne les lauréats.
Le centre national du cinéma et de l’image Animée (CNC) soutient le Festival
Professionnel par son financement dédié à des actions éducatives, culturelles, artistiques et professionnelles.
Les Financements privés : mécénat, sponsoring et dons
Face à un secteur public organisé et plutôt régulier d’une année sur l’autre, du côté du secteur privé, la situation est plus complexe, ce qui complique l’assurance d’un budget : obtenir des soutiens privés, les fidéliser en partenariats, avoir des conventions signées à l’avance est difficile. Quelques participants sont des partenaires fidèles qui reviennent chaque année et répondent rapidement. Mais il faut sans cesse solliciter, chercher de nouveaux associés. Le soutien et les conventions à passer prennent beaucoup de temps avec le privé et il faut donc anticiper et s’y prendre très en amont. « Alors que le budget 2023 est quasiment bouclé, il reste encore quatre gros partenaires en attente, bien que les négociations durent depuis des mois. Et pour certains, les contacts sont déjà pris pour 2024 » rajoute Pauline.
Travailler avec le Privé, c’est réaliser une prospection ciblée qui s’adresse à des entreprises en proximité géographique et/ou éthique avec les valeurs véhiculées par le Festival. C’est aussi aider les entreprises à inscrire leurs aides dans leurs axes prioritaires et en concordance avec les valeurs qu’elles affichent. Un travail tout en finesse pour identifier la diversité des demandes, en veillant simultanément à éviter la concurrence sur un même secteur pour ces sociétés, et à « offrir » la bonne réponse pour chacune, dans le cadre du mécénat(2) ou du « Sponsoring » (3). Selon Pauline, « Les unes veulent des soirées VIP, des événements internes à l’entreprise, des rencontres avec des professionnels connus du cinéma, des séminaires se concluant par des avant- premières, … D’autres préfèrent des opportunités pour développer leur réseau grâce à des rencontres lors des cocktails … Certaines enfin privilégient leur visibilité et la publicité par la mise à disposition de spots, de produits spécifiques, de présence identifiable au Village du festival, de supports en termes de flyers, logos, d’affiches, … ».
Le FIFIB se doit donc, tout en restant lui-même, d’innover et de proposer de nouvelles formules en répondant aux attentes des sociétés dans des appels à projet. « C’est ce qui a été fait avec le Pavillon de réalité virtuelle dans le cadre d’un projet sur le Numérique », illustre Pauline.
Le FIFIB et ses ressources : Développer et de fidéliser les partenariats
La période COVID a eu un fort impact financier, avec environ 50 000 € de déficit, ce qui oblige à des économies et des (légers) bénéfices pour les prochaines sessions du Festival. Il y a aussi les actions impulsées par Le FIFIB, ou auxquelles il s’associe en plus de celles déjà évoquées. Avec la SACEM (4) : rencontre de compositeurs régionaux, la SACD (5), Ecole et Cinéma en lien avec l’Education nationale pour les Jeunes dans le prolongement du FIFIB-JEUNESSE (Voir article), Publics en difficultés ou en milieu carcéral, …Le Budget à couvrir est de 400 000 €. Les Subventions publiques sont loin d’y suffire. Même en y rajoutant les 20 000 visiteurs, dont les consommateurs au Village Cour Mably – belle source de financement – et plus de 6 000 spectateur(trice)s en salles (taux de remplissage de 85 %), le compte est encore loin d’être atteint. Tout cela oblige à des recherches permanentes de ressources et à leurs augmentations en direction du privé, d’autant qu’une édition du festival à peine terminée, la suivante est déjà enclenchée.
Et là encore, il ne convient pas seulement de les trouver. Il faut les pérenniser, ce qui passe par le développement des partenariats et surtout par leur fidélisation dans la durée. Le FIFIB CLUB existe pour cela par la proposition d’événements en direction de ces entreprises, afin que celles-ci se sentent considérées, appartenir à un « CLUB » et partie prenante du FIFIB. « Nous le faisons, mais c’est un axe d’amélioration à travailler. Nos partenaires sont invités pour des Avant-premières, mais ce sont des professionnels en devenir et nos mécènes/sponsors souhaitent plus de paillettes », reconnaît Pauline.
Le secteur de la culture et en son sein les festivals, sont confrontés à de multiples difficultés, notamment en termes de fréquentation. Il est de notoriété publique que chaque nouvelle édition du FIFIB réserve de nombreuses surprises et d’heureuses pépites dans sa programmation. Il appartient donc désormais au public de répondre présent et en nombre, avec une confiance renouvelée chaque année, dans les salles partenaires de l’UGC, de l’UTOPIA, ainsi qu’au Village Mably, pour faire honneur aux quelques 150 films sélectionnés à leur intention et proposés à leur curiosité et à leur sagacité, lors de cette manifestation précieuse dans le panorama culturel de Bordeaux, de la Métropole et de la Région.
Rendez-vous est pris du 18 au 23 Octobre, pour le festival 2023, dont la programmation détaillée sera communiquée aux médias et au public lors de la conférence de Presse du mercredi 13 Septembre, à 11H à l’hôtel JOST. à suivre… .
Bertrand BARRIEU. Eric MARTEL. Patrick QUILLERE. Antoine SERRANO.
(1). QPV. Quartiers de la Politique de la Ville.
(2). Mécénat. Dans le cadre du « mécénat », la contrepartie du don du mécène reste symbolique.
(3). Sponsoring. Dans ce cadre, le sponsor (mot d’origine anglophone) peut obtenir des contreparties qui présentent une vraie dimension publicitaire et commerciale (Clubs Sportifs, par exemple).
(4). SACEM. Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique.
(5). SACED : Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques.
En SAVOIR + : https://www.fifib.com/