De Montaigne au Roi-Soleil

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Plusieurs mois ont été nécessaires pour achever les travaux d’aménagement des 6 salles de la nouvelle exposition au Musée d’Aquitaine « De Montaigne au Roi-Soleil », période riche d’histoire, à la fois sociale, économique, politique, religieuse, militaire.

Le maillon manquant

« Il s’agit de raconter une histoire » explique Christian Block, le commissaire de l’exposition. Il se définit avant tout comme un passeur. Le Musée d’Aquitaine est le fruit de 400 ans de collecte qu’il veut mettre à portée du public le plus large. Ces nouvelles salles d’exposition permanente font le lien entre les collections médiévales et les salles consacrées à l’époque moderne. « L’objectif est ici d’expliquer la ville telle qu’elle était à l’époque de Montaigne jusqu’à celle de Louis XlV« .

On y évoque la fin de la guerre de 100 ans qui clôt l’ère du moyen âge ainsi que le développement de l’humanisme et d’un état souverain. Bordeaux devient une référence européenne intellectuelle grâce au philosophe Michel de Montaigne avec La Boétie, Elie Vinet, Pierre de Brantome. La création du collège de Guyenne en 1533 permet la redécouverte des auteurs antiques comme Ausone. Les débuts de l’imprimerie participent à la diffusion des idées. L’exposition montre aussi le développement des échanges commerciaux avec de nombreux pays, malgré les guerres de religion, les guerres d’Italie ou encore les frondes, derniers soubresauts du monde féodal.

Les derniers instants de Montaigne – 1850 Joseph Nicolas Robert Fleury

Une scénographie de grande qualité

Dès que l’on pénètre dans les nouvelles salles du musée, l’œil est immédiatement attiré par le cénotaphe de Michel de Montaigne, imposante sculpture classée monument historique.

C’est là l’une des habiletés de la remarquable scénographie élaborée par l’architecte scénographe François Payet. La sépulture est présentée en majesté dans une salle spécialement dédiée. C’est l’une des œuvres emblématiques du musée. Une vitrine y présente des pièces inédites telles qu’un élément de sarcophage en plomb et un morceaux du bonnet de laine et de soie de Michel de Montaigne. Figure également un grand tableau représentant Montaigne recevant les derniers sacrements quelques instants avant son dernier soupir.

De véritables prouesses techniques ont permis la mise en place d’ensembles monumentaux de plusieurs tonnes, nécessitant de lourds travaux au sol pour garantir une sécurité absolue. C’est le cas du retable de l’église de Saint Siméon, de la façade de l’Hôtel de Jean d’Espagnet rue des Bahutiers, ou encore d’une énorme cheminée chargée de sculptures splendides.

Hôtel de Jean d’Espagnet

Chaque thème est clairement exposé : l’Aquitaine française, les guerres d’Italie et la Renaissance, le commerce et le nouveau monde, les hôpitaux et la santé publique, les grands seigneurs, le château Trompette, les Séditions et les émotions populaires, le triomphe de la Monarchie.

Bordeaux et le Château Trompette

Le musée a pu tirer de ses collections beaucoup d’objets jamais montrés et a bénéficié de prêts et de dons. Il a aussi procédé à de nouvelles acquisitions. C’est donc un parcours de découverte tout à fait inédit qui s’offre au public. Ce sont aussi des rencontres fascinantes avec des personnages illustres comme le maréchal de Matignon, le gouverneur de Guyenne, le maréchal d’Ornano, le cardinal de Sourdis, le duc d’Epernon. Certains sont passés à la postérité au travers de noms de rues de Bordeaux.

Le cardinal François de Sourdis
Le maréchal Alphonse d’Ornano vers 1610

Les bordelais ne s’y sont pas trompés en venant assister très nombreux à l’inauguration patronnée par Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, qui n’a pas manqué d’avouer avec humour, « une certaine jalousie vis à vis de son ancien éminent collègue Michel de Montaigne« .

Pour en savoir plus : https://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr/fr/article/de-montaigne-au-roi-soleil

Image d’en-tête : Cénotaphe de Michel de Montaigne (vers 1593)

Par Francis et Yannick

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