FIFIB 2024 : « Miséricorde » d’Alain Guiraudie

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Le FIFIB 2024 accueille le réalisateur, scénariste et écrivain français Alain Giraudie avec la projection de 2 films , « L’inconnu du lac » (2013) et « Miséricorde », sélection du Festival de Cannes 2024.

Miséricorde est un film crépusculaire, à la fois conte, thriller et film noir avec comme fils conducteurs : l’amour, le désir et la morale. Jérémie (incarné par l’acteur Felix Kysyl), à l’occasion d’un enterrement, revient dans le village de son enfance et se trouve confronté à ses fantasmes et ses désirs ; lesquels vont le rendre petit à petit prisonnier de ce village. Mélange de références à Hitchcock, Fritz Lang, et Bergman, ce film comme les autres de Guiraudie, cultive la part du mystère…

Les films qui m’intéressent cherchent à bousculer : ils observent et montrent le monde sous un angle singulier

A. Giraudie situe son film dans l’Aveyron (son pays natal). Le lieu du tournage et son contexte entretiennent ainsi le mystère :

  • L’automne et son côté mélancolique, avec le brouillard, le vent dans les feuilles qui constitue un bruit de fond musical (parti pris d’une absence de musique dans le film).
  • Le village à moitié abandonné, avec comme des décors de théâtre plantés la maison de la veuve (incarnée par Catherine Frot), celle du protagoniste Walter ainsi que le presbytère.
  • Les prises de vue, souvent nocturnes, grâce au tournage en nuits américaines.

Si dans L’inconnu du lac, avec la nudité des corps, l’exhibitionnisme et le meurtre, le désir est plus fort que la morale, dans « Miséricorde », sans rapport charnel mais avec l’amour ambigu sur fond de questionnements sur la culpabilité et le remord, l’amour prime sur la morale.

Tous ces questionnements sont en fait mes propres questionnements pris en charge dans le film par le curé

Le questionnement ainsi que les réponses sur – l’amour doit primer sur la morale – sont portés par le curé en soutane avec son costume de « super-héros » qui apparait et disparait et qui, avec son œil malin, lit dans les pensées.

Amour caché, sous-entendus ambigus qui emprisonnent les protagonistes : qui aime qui ? qui sait quoi ? qui connait la vérité ? Le mystère est bien entretenu jusqu’au bout, mais contre toute attente, l’humour et le rire sont aussi au rendez-vous dans la salle grâce aux situations cocasses, au jeu du curé et à l’ambivalence des personnages !

Une phrase pour conclure : « On a tellement besoin d’amour »

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