L’écopâturage a été mis en place au Parc bordelais en 2024 : cinq brebis et moutons en vedette. L’écopâturage (en un seul mot !), c’est l’entretien écologique d’espaces verts par le pâturage d’animaux herbivores (moutons, chèvres, vaches, chevaux, etc.)
Plusieurs variétés d’animaux ont toujours cohabité au Parc bordelais : moutons, chèvres, cochons, cerfs, émeus, dindons, paons, poules… Les animaux appartiennent au Conservatoire des Races d’Aquitaine, mais c’est le personnel du parc qui les soigne. Créé en 1991 pour faire face à la disparition de la diversité biologique et culturelle associée aux races d’animaux d’élevage, le Conservatoire des Races d’Aquitaine est une association loi 1901 à but non lucratif et reconnue d’intérêt général depuis 2013. Il œuvre pour la sauvegarde, le maintien et la valorisation des races et variétés d’élevage au service d’une économie locale et durable.
Bertrand Vincent est le responsable d’équipe Jardiniers du Parc bordelais. Il me reçoit pour présenter l’écopâturage mis en place au parc en 2024.

Le mouton landais, vedette de l’écopâturage
Certaines races de moutons rustiques, comme le mouton landais, sont particulièrement adaptées à l’écopâturage urbain en raison de leur petite taille et de leur robustesse. Le mouton landais est l’une des races les plus anciennes de France. Il est parfaitement adapté pour entretenir les espaces naturels aux sols pauvres. Ses membres sont fins et élancés, caractéristiques des animaux qui marchent bien. Son épaisse toison est de couleur blanche, grise ou noire. Il est tondu une fois par an, au printemps avant l’arrivée des fortes chaleurs, et sa laine est utilisée comme paillage pour protéger les plantations. Il est rustique, capable de vivre à l’extérieur et de se contenter de terrains pauvres pour se nourrir, de s’adapter face au manque de ressources, et il est résistant aux maladies.




L’écopâturage au Parc bordelais
Les conditions de vie des animaux du parc n’étaient plus adaptées. Ils cohabitaient dans des enclos à l’espace trop restreint, il y avait beaucoup de piétinements et il n’y avait pas suffisamment d’herbe pour tout le monde. C’est pourquoi tous les animaux ont été transportés dans des fermes pédagogiques des alentours, à l’exception de trois brebis nées il y a 4 ans sur le parc : Blacky, Joséphine et Guizmo. Elles ont été installées dans un enclos d’un hectare, créé sur la prairie juste en face. Des arbres fruitiers ont été plantés en bordure de l’enclos, afin de leur apporter de nouvelles zones d’ombre.
Début 2025, les brebis ont accueilli deux jeunes moutons de 2 ans d’une ferme voisine, nourris à la main depuis leur naissance. Ils n’ont pas besoin d’être nourris, car ce qu’ils préfèrent, c’est brouter la prairie. En guise de gourmandise, leurs soigneurs leur apportent régulièrement de l’orge, ils en raffolent ! Et cela leur permet de garder le contact avec eux : ils vont les voir tous les jours et les observent, afin de vérifier qu’ils ne sont pas malades ou blessés.
Moutons et brebis retournent dans l’ancien enclos entre novembre et février. Ils y broutent l’herbe qui a repoussé depuis le départ des animaux et ils ont à disposition du foin et des distributions régulières d’orge. Résistants à des températures extrêmes, ils pourraient tout à fait passer l’hiver sur la prairie, blottis les uns contre les autres sous un arbre, mais les visiteurs du parc sont rassurés de les savoir sous un abri.
Chaque année au printemps, le Conservatoire des Races d’Aquitaine vient au parc avec un tondeur pour la tonte. La laine ainsi récupérée sert de paillis au pied des arbres pour garder l’humidité.





Stop au nourrissage des animaux du parc !
Bertrand Vincent pousse un cri d’alarme : il ne faut surtout pas nourrir les animaux du parc, qu’ils soient en liberté ou en enclos. Tout simplement parce que ce n’est pas bon pour leur santé. Les visiteurs croient bien faire en leur donnant un bout de pain, de gâteau, ou de légume. Les animaux perdent alors leur capacité à chercher de la nourriture dans la nature et à long terme, cette malnutrition peut entraîner de graves carences, néfastes pour leur santé. Leur donner du pain par exemple, peut les rendre malades, voire les tuer. Leur organisme ne digère pas le pain, riche en sel, qui peut favoriser des maladies mortelles du foie chez les oiseaux. À cet effet, il évoque le triste décès d’un des deux paons du parc (le blanc), survenu il y a quelques semaines, après en avoir ingéré. Le paon bleu est désormais seul et pour les soigneurs, se pose désormais la question de son maintien dans le parc… Il est prévu pour cet été dans le parc, une campagne de sensibilisation contre le nourrissage néfaste pour les animaux.
« Je vois régulièrement des gens qui donnent du pain aux animaux : c’est une catastrophe pour leur santé. »
Revenons à nos moutons
Le mouton est l’un des premiers animaux à avoir été domestiqués. C’est un mammifère herbivore ruminant. La femelle s’appelle la brebis et le mâle, le bélier. Le petit est appelé un agneau lorsqu’il est un mâle et une agnelle lorsqu’il est une femelle. Le mouton est un bélier castré.
Le mouton landais pèse une cinquantaine de kilos et son espérance de vie moyenne est de dix à douze ans. Il a une excellente ouïe et un odorat très développé. La brebis bêle, mais le bélier blatère (comme le chameau).
Pour en savoir + :
https://www.bordeaux.fr/parc-jardin/parc-bordelais
Sylvie