Bordeaux soutient Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd

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Le capitaine Paul Watson, 74 ans, fondateur de l’ONG Sea Shepherd (Berger de la mer), a été arrêté le 21 juillet 2024 au Groenland au cours d’une brève escale, après la relance d’une demande émise par le Japon en 2012 par une notice rouge d’Interpol. Après une mobilisation citoyenne sans précédent, le Danemark a décidé de ne pas l’extrader et de le libérer de ses geôles pour qu’il soit parmi ses proches pour les fêtes de fin d’année. La France l’a accueilli. À l’invitation du World Impact Summit (WIS) en mars, et de l’écosystème Darwin en mai, il a été applaudi et soutenu par des centaines de Bordelais et de Bordelaises de toutes générations.

Suite à son incarcération dans les geôles danoises, les manifestations de soutien sous toutes ses formes se sont multipliées : aux traditionnelles pétitions sur les réseaux sociaux, se sont ajoutées des actions diplomatiques et communications de plusieurs pays, de municipalités et d’associations, à l’exemple de Bordeaux.

Affiche «  »Sauver des baleines n’est pas un crime » » visible sur la place Pey Berland, face au Palais Rohan, d’octobre à décembre 2024. œuvre d’art de Jean-François André exposée sur les quais, près de la Maison écocitoyenne à la même période.


Cette œuvre d’art a servi de décor par la suite sur la scène de l’Arkea Arena lors de la réception de Paul Watson pour une conférence au World Impact Summit (WIS) le 25 mars 2025.

Le gouvernement danois refuse d’extrader vers le Japon le fondateur de Sea Shepherd ce mardi 17 décembre. « Il est libre, le ministère de la Justice vient de nous informer qu’il rejetait la demande d’extradition » a déclaré son avocate, Julie Stage. Incarcéré depuis juillet au Groenland, le militant écologiste est rentré en France où il habite avec sa femme et ses enfants. La mobilisation citoyenne a été payante a écrit Agnès Pannier-Runacher et ce sont des milliers de soutiens qui poussent « un ouf » de soulagement. 

Deux mois après, à Bordeaux, le « soufflé n’est pas retombé » : ce sont 1 800 Bordelais et Bordelaises qui se pressent à l’Arkea Arena pour l’applaudir chaleureusement à sa montée sur scène et tout au long de sa conférence.

Au cours de sa conférence d’1 h 30, les nombreux témoignages de sa vie d’activiste ont suscité à la fois attention et enthousiasme. Paul Watson a repris l’historique de son engagement, qui remonte à 1975, alors qu’il travaillait à Greenpeace : « C’était la première fois que nous intervenions pour protéger les baleines : notre cible était la flotte baleinière soviétique qui opérait au large de la Californie. » 

À l’époque, le groupe s’imprégnait des méthodes d’action non-violentes Gandhi et a donc « décidé qu’il suffisait de [se] placer entre le harpon et les baleines ». Avec Robert Hunter, l’activiste approche l’animal à bord d’un canot pneumatique. Face à eux : un harponneur soviétique, et « huit magnifiques cachalots fuyaient pour sauver leur vie. Quelques minutes plus tard, il y a eu une terrible explosion. Le harpon est passé par-dessus nos têtes et a percuté le dos d’une femelle. Elle s’est retournée sur le côté et a saigné de partout ». 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : « Soudain, le plus gros cachalot du groupe s’est soulevé, a heurté l’eau avec sa queue, a plongé juste en dessous de nous, avant de se jeter sur la proue du harponneur. Ils ont appuyé sur la gâchette et, à bout portant, ont frappé cette baleine directement à la tête. » C’est là que Paul Watson croise le regard de cette baleine ensanglantée, qui a manqué de s’écraser sur leur canot.

« J’ai vu cet œil à seulement un mètre de moi, si près que j’ai pu voir mon reflet dans cet œil. C’est ce qui a changé ma vie. Cette baleine a compris ce que nous essayions de faire, car j’ai pu voir l’effort qu’elle a fourni pour se relever, poursuit le militant. Son corps a glissé dans la mer, son œil a disparu sous la surface et elle est morte. Elle aurait pu nous tuer mais elle a choisi de ne pas le faire. » 

Cette histoire a marqué tout son engagement : « Pourquoi les Soviétiques tuaient-ils des baleines ? Ils ne les mangeaient pas. » La réponse est à trouver dans l’huile que contiennent ces animaux, qui était utilisée pour la construction et la maintenance de missiles balistiques intercontinentaux. « Nous sommes en train de tuer cette créature incroyablement intelligente, socialement complexe, consciente et sensible, dans le but de fabriquer une arme destinée à l’extermination massive d’êtres humains, » s’émeut Paul Watson face à une salle scotchée. 

Le militant écologiste Paul Watson s’est confié auprès de « Sud Ouest » sur ses combats pour la protection de la biodiversité, à l’issue de sa rencontre avec le maire de Bordeaux Pierre Hurmic.Au lendemain de sa prise de parole au World Impact Summit à l’Arkéa Arena, le fondateur de Sea Shepherd Paul Watson a rencontré le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, à l’hôtel de ville, ce mercredi 26 mars. Un entretien de trois quarts d’heure, dans lequel ils ont évoqué sa lutte contre la pêche des baleines, sa détention au Groenland, la situation géopolitique mondiale, mais aussi le projet de LGV au sud de Bordeaux, qualifié « d’écocide » par le maire écologiste. À l’issue de la rencontre, Paul Watson s’est entretenu avec « Sud Ouest ». Extrait : Pensez-vous un jour retourner en mer ?Absolument, je ne vais pas prendre ma retraite. Cet été, nous serons en Islande. Nous travaillons également sur un projet de sanctuaire d’orques à Antibes et nous essayons de stopper les captures accidentelles de dauphins sur les côtes françaises.

Paul Watson est déjà venu à Bordeaux, lors du festival Climax de l’écosystème Darwin, en septembre 2023. Il y revient ce samedi 10 mai avec Lamya Essemlali, la présidente de Sea Shepherd France. Il nous dit “Je suis ici à Darwin comme à la maison”.

Malgré les chaises ajoutées, les derniers auditeurs, en nombre, n’hésitent pas à braver l’inconfort. Contrairement à l’Arkea Arena où la conférence était traduite grâce à une application sur les smartphones, à Darwin, c’est Lamya Essemlali qui assure la traduction simultanée.

Après être revenu sur les conditions de son arrestation en juillet 2024, Paul Watson a développé les thématiques qui lui sont chères : En quoi l’étude de la communication entre et avec les baleines, grâce à l’IA permettra de leur délivrer un statut spécial d’êtres intelligents – L’exploitation des ressources minières océaniques s’annonce comme la plus grande catastrophe écologique de tous les temps – Pas de vie humaine sans baleines : rôle fondamental des déjections des baleines, produites par tonnes chaque jour, elles sont le fertilisant naturel du phytoplancton, base de l’écosystème marin. 

Soulagement d’apprendre que la fiche rouge d’Interpol, habituellement réservée aux criminels de guerre, aux grands trafiquants et aux tueurs en série, a été retirée en avril. Cet américano-canadien sait, cependant, qu’il ne peut pas se rendre aux USA où il sera immédiatement arrêté, n’ayant pas de mots assez durs contre « ce bonimenteur aculturé» qui fait des choix stupides.

La soirée se termine par l’appel d’Izzie Brohan sur scène, pour qu’elle présente l’association « Sea Shepherd Bordeaux », pour laquelle elle œuvre avec toute une équipe depuis 2024.

Izzie Brohan, responsable de Sea Shepherd Bordeaux, a officialisé la création du groupe local lors de la conférence du 10 mai.

Sea Shepherd Bordeaux encourage les bénévoles à rejoindre ses actions sur le terrain. Avec cette nouvelle antenne à Bordeaux, l’association écologiste renforce sa présence en France. La lutte pour protéger les océans ne cesse de gagner en ampleur :  la 3ème conférence des Nations unies sur les océans à Nice en juin en atteste., avec quelques bémols… Ecoutez Claire Nouvian et Marine Calmet :

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-03-juin-2025-6135273

Hubert

Bruno pour les photos

Corine pour la vidéo.

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