En déposant leurs déchets alimentaires dans les bornes installées dans chaque quartier, les habitants favorisent un traitement optimal de la collecte. Celle-ci est transformée en compost et énergie grâce au processus de la méthanisation. Actuellement 139 bornes sont déjà installées, 450 le seront d’ici fin décembre et 1 500 d’ici 2026.
Collecte des déchets dans les bornes alimentaires
Les déchets alimentaires représentent un tiers des déchets résiduels, leur collecte permet donc la réduction du volume des ordures ménagères et par là-même favorise la diminution des poubelles noires, tout en valorisant ces mêmes déchets. Dans un souci de pédagogie, un kit incluant un bioseau et des sacs en papier kraft, est distribué actuellement dans chaque foyer. L’objectif est d’aider les usagers à s’approprier les bonnes pratiques de compostage. La collecte de ces conteneurs en acier inoxydable, est effectuée chaque semaine et les bacs nettoyés régulièrement ce qui garantit une bonne hygiène. Des trappes anti-bruit et une ouverture à pédale ou à levier en facilite l’accès. Après la collecte, les biodéchets sont transportés à l’usine d’Eysines où ils sont transformés en « résidus organiques ». Par la suite, ils sont acheminés vers un méthaniseur à Saint-Laurent-Médoc, en vue de la production de gaz vert et de digestat, fertilisant organique.

Compostage et méthanisation
L’usine d’Eysines, gérée par l’entreprise Moulinot, traite actuellement 10 000 tonnes de biodéchets, transformés en résidus organiques qui sont acheminés vers le méthaniseur agricole à Saint-Laurent-Médoc. Le processus de méthanisation permet alors la production de biogaz, énergie verte et renouvelable utilisée pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisson.
Le compostage est un système naturel au cours duquel les matières organiques se décomposent pour devenir un compost riche et nourrissant utilisé comme fertilisant notamment dans les espaces verts et les cultures. La méthanisation, processus de « digestion anaérobie », vient ensuite pour transformer les résidus organiques en biogaz, principalement composé de méthane. C’est le même procédé que dans l’estomac d’une vache mais en cuves fermées. La fermentation dure une centaine de jours, période au terme de laquelle le biogaz (méthane et CO2) est épuré et injecté sur les réseaux de distribution de gaz naturel sous la forme de gaz vert. Le biogaz produit équivaut à la consommation de gaz de près de 10 000 foyers, et est réinjecté dans le réseau de gaz par l’entreprise Régaz-Bordeaux, distributeur de l’énergie en Gironde. C’est Gaz de Bordeaux qui commercialise le gaz vert au profit des clients métropolitains.
Le traitement des biodéchets produit une énergie renouvelable, utilisée pour le chauffage, l’eau chaude, la cuisson pour les usagers. Les agriculteurs porteurs de ce projet peuvent aussi en bénéficier.

Dangers et avantages de la méthanisation
Les SR ont rencontré et donné la parole à Charlotte Vaccalut, cheffe de projet environnement (chez Artifex) pour la méthanisation. Celle-ci nous explique « Des réunions publiques et des visites de sites sont offertes au public désireux de s’informer et de se rassurer sur les dangers éventuels et les nuisances. En effet des risques d’explosions ou d’incendies liés au méthane engendrent des équipements spéciaux, un entretien régulier et des consignes précises » rassure-t-elle. « Le bruit est étouffé grâce à des blocs insonorisés et les odeurs sont enfermées dans des cuves hermétiques »
Charlotte Vaccalut ajoute : « Les agriculteurs, porteurs du projet de production de gaz vert réinjecté dans les réseaux de distribution de gaz naturel bénéficient ainsi d’un revenu fixe. Avec le digestat, fertilisant organique, c’est le retour au sol de matières non valorisées par ailleurs ».

Un million de girondins se chauffent et cuisinent grâce à la société Regaz qui prépare le remplacement du gaz naturel par du gaz vert. En 2050 l’Aquitaine devrait accéder à l’autonomie énergétique. Dans le rapport AVC_INRAE, L’ADEME* estime qu’il serait possible de produire 123 TWh de gaz vert soit 25% de la consommation actuelle.
La valorisation des déchets et la production d’énergie verte ouvrent la voie d’une transition écologique réussie !!
Plus d’informations :
ADEME : Agence de la transition écologique
ACV : analyse du cycle de Vie
INRAE : Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement
Samedi 14 février 2026, Bonjour, merci pour ces explications claires. Celà veut dire qu’à terme, nous devrions avoir des factures de gaz moins élevées voir divisées par deux ? puisque nous aidons, en quelque sorte, à produire du gaz vert. J’avais hate de recevoir mon bioseau et maintenant je participe activement à ce procédé en tant que particulière habitante de Bordeaux. MERCI pour ce retour d’infos! Bonne continuation. nathalie.ribis@laposte.net