Entre couleurs et gestes, Louis Giraud dit “Tao”, explore l’invisible à travers une peinture abstraite. Chaque toile devient un espace de liberté. Entre intuition et composition maîtrisée, il dialogue avec sa toile dans un face à face presque musical. Rencontre avec l’artiste bordelais.
SR : Comment êtes-vous arrivé à la peinture?
Tao : Depuis mon plus jeune âge je dessinais déjà. À l’école, les pages de mes cahiers étaient remplies de dessins au crayon. Puis des collages des dessins à l’encre de Chine, rehaussés parfois avec de l’encre rouge. Les couleurs sont arrivées avec la théorie durant mes études d’art à l’Institut Saint Luc de Tournai en Belgique. Principalement dans la peinture. J’y ai aussi appris les techniques de base comme le fusain, le crayon, le pastel gras, l’aquarelle, l’encre et bien sûr, la peinture.
SR : Pouvez vous décrire votre style ?
Tao : J’ai traversé différentes tendances. Le réalisme est quelque chose sur lequel j’ai travaillé pendant des années, je m’en suis lassé. La véritable essence pour moi c’est la profondeur, la subtilité qu’on ne voit pas forcément au coup d’œil. Ce qui m’intéresse c’est l’envers du décor : ce qu’il y a à travers le miroir. Je travaille et retravaille mes toiles jusqu’à être satisfait : c’est comme trouver comme une recette de cuisine qu’ on va goûter.
SR : Quelle est votre technique et votre processus de création ?
Tao : La technique est très importante. J’en utilise plusieurs qui s’adaptent au mieux pour exprimer mon idée. Le crayon sur plusieurs couches, le mélange de peinture, le collage, avec de l’encre ou de la terre, selon l’émotion et mon ressenti. J’applique l’ensemble en disposant les matières qui sont travaillées tout au long du processus de création jusqu’à l’obtention du résultat: ce moment décisif il faut y arriver. La main est la prolongation de la pensée… c’est l’expression d’une exploration intérieure, codée par le geste grâce à l’utilisation des matériaux .

SR : Quelle est votre démarche artistique ?
Tao : L’expression de mon ressenti personnel. On vit, on entend, on lit, on ressent de la joie, une douleur, ou quelque chose qui touche intimement et cette sensation, j’ai besoin de l’exprimer, d’y apporter une certaine beauté.
SR : Quels artistes vous ont influencé ?
Tao : Le subtil Georges de Latour, Piet Mondrian dans ses débuts, le travail monumental d’Ad Reinhardt sans oublier l’éternel incompris Nicolas de Staël. Avant la renaissance en Italie, il y a bien sûr Léonard De Vinci…

SR : Quels sont vos thèmes de prédilection ?
Tao : L’anodin, l’invisible et pertinemment les valeurs des choses qu’on ne voit pas, qu’on ressent. Les choses qu’on devrait cultiver pour entretenir. Le pouvoir de l’abstrait c’est d’apporter le ressenti d’un sujet quotidien ou de ce qui nous entoure ou de ce qui a toujours existé et de pouvoir l’assembler dans un tableau. L’assembler pour lui apporter un hommage, et cet hommage s’il est diffusé et reconnu aura encore une place dans le futur, Pour moi c’est le sujet le plus important.