Les Archives de Bordeaux Métropole : un univers tout en contraste

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Les Seniors reporters ont souhaité découvrir les Archives de Bordeaux Métropole : ils ont rendez-vous avec Guillaume, médiateur, un mardi matin de mars 2026. Installées depuis 2016 dans le quartier de la Bastide, elles ne sont pas qu’un lieu de stockage. C’est un trait d’union entre le passé industriel de la ville et son futur technologique. 

L’Hôtel Ragueneau, abritant les archives municipales, était devenu trop vétuste et exigu. C’est Alain Juppé, Président de Bordeaux Métropole, qui inaugure les nouvelles archives de façon originale : au lieu de poser la première pierre, il plante une glycine, lien symbolique avec celle de la rue du Loup, l’un des sept arbres remarquables de Bordeaux.

La glycine, lien symbolique entre l’Hôtel Ragueneau et la pergola sur le parvis des Archives de Bordeaux Métropole.

La Halle des Magasins généraux, le plus ancien entrepôt ferroviaire bordelais construit en 1859, a connu des vicissitudes : abandonné, squatté, il a été victime d’un incendie en 2008. Toute la structure en bois sur deux étages a été détruite. Il ne reste que les murs fragilisés, et malgré tout, conservés pour leur calcaire blond typique.

Le bâtiment réhabilité par Robbrecht en Daem, une agence belge choisie parmi 119 candidats, est une prouesse esthétique qui joue sur la dualité.

– Le socle tout en longueur : la partie basse qui abrite les espaces publics (salle de lecture, salle d’exposition et salle de conférence) s’inscrit dans l’alignement des anciens magasins municipaux du XIXe siècle. C’est un lien avec la vocation fonctionnelle passée.

– La tour à la fois massive et élancée : elle est constituée d’un empilement de 19 magasins, grandes boîtes de béton de 200 m² en encorbellement, dessinant une voûte de 18 mètres de haut, au-dessus de la salle de lecture. Une résille métallique l’enveloppe et les ouvertures originelles conservées créent un jeu de lumière changeant selon les heures de la journée, tout en protégeant les précieux documents des rayons UV.

En franchissant la porte de cette salle de lecture au volume et au silence impressionnants, on pénètre « dans une cathédrale ». Pour Guillaume, c’est l’atmosphère de la saga Alien de Ridley Scott. Avec un peu d’imagination Sigourney Weaver pourrait apparaître… 

Le choix de la rive droite n’est pas anodin. Les archives se situent au sein d’un quartier en pleine mutation urbaine. 

Les rails ferroviaires reliant la gare d’Orléans (devenue le cinéma Mégarama) aux berges de la Garonne, rappelant l’activité commerciale passée, ont été conservés, protégés par les pavés originels enherbés.

La végétalisation du parvis s’est portée sur des arbres ayant un lien avec les domaines de l’écriture, le pin pour la pâte à papier, les bouleaux noirs et blancs pour leur écorce qui se desquame, le paulownia dont l’huile des graines fournit l’encre de chine. Les massifs sont des espaces expérimentaux pour la biodiversité avec des espèces locales, adaptées au réchauffement climatique et frugales en eau. L’immense pergola est envahie par la glycine et d’autres grimpantes, préférées aux panneaux solaires initialement prévus par l’architecte.

Le sol a été désimperméabilisé, l’eau de pluie est recueillie et stockée, le bâtiment est chauffé par géothermie. Le site a reçu le label de haute qualité environnementale. 

En outre, le parvis est un espace public de rencontres, d’échanges et de manifestations culturelles et artistiques ouverts à toutes et tous. 

Conserver des documents qui datent parfois du Moyen Âge tout en gérant les « data » d’aujourd’hui demande une infrastructure de pointe. 

Guillaume nous développe la théorie des 4″C » : Les Archives Bordeaux Métropole Collectent, Conservent, Classent et Communiquent au public les archives qui leur sont confiées tant par les administrations de Bordeaux et de huit communes métropolitaines, que par des particuliers, familles, entreprises ou associations.

Les magasins de stockage sont adaptés à la conservation de documents de toutes natures : registres, liasses, plans, gravures, tableaux, photographies sur plaques de verre, maquettes. 

La conservation des documents est assurée par des centrales de traitement d’air qui maintiennent une température de 18°C et une hygrométrie à 50%.

La sécurité en cas d’incendie utilise un système d’extinction par un brouillard d’eau, évitant l’inondation du papier. 

Le stockage sur plus de 18 km linéaires est optimisé par des rayonnages mobiles motorisés.

La numérisation en haute définition permet un accès des documents en ligne et évite ainsi la manipulation physique. 

Les archives vivent une révolution en passant du parchemin au tout digital. Le système d’archivage électronique garantit que les décisions prises aujourd’hui par la Métropole seront lisibles dans 200 ans malgré l’obsolescence des logiciels.

La visite des Archives de Bordeaux Métropole est possible, soit en réservant après avoir constitué un groupe d’au-moins 5 personnes, soit en attendant les Journées Européennes du Patrimoine en septembre.

Corine et Hubert.

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