MADD in Bordeaux

Le Musée des Arts Décoratifs et du Design a rouvert ses portes, après 3 ans de travaux. Niché en plein cœur de Bordeaux dans l’Hôtel de Lalande, demeure aristocratique de la fin du XVIIIe siècle et dans une ancienne prison du XIXe siècle, le MADD Bordeaux n’était plus adapté aux usages contemporains. Ce vaste chantier se poursuivra jusqu’en 2027, avec la rénovation de l’hôtel particulier.

Une histoire singulière
Le musée est installé tout près de la mairie, au 39 de la rue Bouffard, dans l’Hôtel de Lalande, un hôtel particulier construit en 1791. Pierre de Raymond de Lalande (1727-1787), riche parlementaire bordelais, achète le terrain et charge le célèbre architecte bordelais Étienne Laclotte d’y construire son hôtel particulier de trois étages qui deviendra une des plus belles demeures aristocratiques bordelaises du XVIIIe siècle. L’hôtel changera plusieurs fois de propriétaire.

En 1880, il est racheté par la Ville pour y placer les services de la police et des mœurs, puis devient caserne municipale. L’aile des communs accueille écurie, magasin à foin, cour de passage et sellerie. Une prison municipale est construite en 1886 à l’arrière de l’hôtel, à l’emplacement du jardin. Elle y accueillera des marins condamnés pour des actes d’indiscipline, ainsi que des femmes jugées coupables d’infractions aux règlements sur la morale et les bonnes mœurs. Et en 1887, l’hôtel devient caserne municipale. En 1924, la Ville installe un musée d’Art ancien transformé en musée des Arts décoratifs en 1955.

La prison et les services de police cohabiteront avec le musée jusqu’en 1964. Les collections du musée constituent un exemple des arts décoratifs français, en particulier bordelais, des XVIIIe et XIXe siècles, et un témoignage de l’histoire de Bordeaux, grand port de négoce au XVIIIe siècle. En 2013, le musée, labellisé musée de France, est rebaptisé Musée des arts décoratifs et du design. Ses deux bâtiments sont classés au titre des Monuments historiques en 2018.

Une rénovation spectaculaire
Cet important chantier de modernisation lancé par Pierre Hurmic en 2023 a été porté par la Ville de Bordeaux et soutenu par l’État, par la Région Nouvelle-Aquitaine et par un généreux mécène  (le Château Haut-Bailly), pour un budget de plus de 14 millions d’euros. Les bâtiments entourant l’Hôtel de Lalande devaient être mis aux normes et harmonisés après les campagnes de travaux successives.

Au programme : isolation thermique, système de chauffage et de ventilation assuré par le réseau de chaleur urbain pour la conservation des œuvres et le confort du public. Les matériaux utilisés pour la rénovation sont en priorité biosourcés, recyclés ou provenant de circuits courts, afin de minimiser l’empreinte carbone du chantier. Des ouvertures donnant sur les rues laissent pénétrer la lumière naturelle. Une grande porte vitrée donnant sur la rue Boulan permet de voir depuis l’extérieur les œuvres exposées. L’éclairage intérieur a été remplacé par des dispositifs Led à basse consommation. Les sols en béton donnent un aspect contemporain.

Le musée est également plus accessible : installation de deux ascenseurs desservant tous les niveaux du musée, espaces d’accueil et de circulation améliorés pour assurer un cheminement fluide et sans obstacle entre les deux bâtiments. D’une superficie de 485 m2, la prison dotée de nouvelles verrières est désormais reliée aux espaces attenants par un sas monumental. Dans l’aile des communs et la prison réhabilitées, des éléments d’origine, tels que des barreaux et portes, ont été conservés. Les entrées ont été élargies et adaptées aux normes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (signalétique adaptée, dispositifs tactiles et audio, mobilier ergonomique). Les travaux se poursuivent dans l’Hôtel de Lalande, qui devrait rouvrir en 2027, avec une refonte du parcours des collections anciennes.

À l’affiche
« Morceaux choisis » (jusqu’au 31 août 2026)
Dans la salle des arts graphiques sont exposés des dessins d’architecture de la collection du marchand d’art bordelais Jacques Sargos, fondateur de la galerie L’Horizon chimérique.


« Pauline Deltour, une apparente simplicité » (jusqu’au 21 septembre 2026) met en avant, dans l’ancienne prison, une grande variété d’objets de l’architecte et designeuse.


« Céramiques, corps sensibles » (jusqu’au 4 janvier 2028)
La galerie des savoir-faire est un nouvel espace dont les expositions vont changer tous les 18 mois. Elle met en ce moment la céramique à l’honneur : pièces anciennes et créations contemporaines, du IIIe millénaire avant notre ère jusqu’à l’époque actuelle.

Inauguration et vernissage des expositions
Le musée a été ouvert au public le 22 avril 2026, en présence de Thomas Cazenave, maire de Bordeaux, Etienne Guyot, préfet de la Gironde, Françoise Jeanson vice-présidente Région Nouvelle-Aquitaine, Aymeric Antoine, maître d’œuvre Antoine Dufour Architectes et Etienne Tornier, directeur adjoint et directeur par intérim du MADD.

Les Bordelais étaient venus très nombreux pour découvrir le nouveau MADD. La file des visiteurs partait de la place Gambetta et la jauge étant de 500 personnes, tout le monde n’aura malheureusement pas pu entrer ce jour-là…

L’hôtel particulier rénové rouvrira ses portes fin 2027, avec un parcours entièrement renouvelé, nous avons hâte de le découvrir !

Pour en savoir + :
https://madd-bordeaux.fr/2026-le-musee-renove
https://www.bordeaux.fr/renovation-ampleur-madd-bordeaux

Sylvie et Bruno

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