Originaire du Sénégal, l’artiste peintre Seck Gora, dit « Geuz » s’est installé à Bordeaux depuis une décennie. Il nous ouvre les portes de son atelier. Ses tableaux étaient exposés à au Crédit Mutuel de Nansouty en avril.
Les toiles de Geuz attirent l’attention par la profondeur de leur message entre abstraction et figuration. Il explore les thèmes tels que la vie, la transmission du savoir, l’humanité, l’amour. L’artiste nous accorde une interview :
Senior reporter : Comment êtes-vous devenu peintre ?
Geuz : J’ai été formé par un aîné qui s’appelle Ousmane Diaw. Il travaillait dans la décoration, et la sérigraphie. Il m’a encadré, et m’a appris le travail. Ayant été un enfant rebelle, je me révoltais contre l’injustice. En tant qu’enfant il fallait se taire même quand on n’a pas tort et je ne supportais pas cela, du coup j’étais marginalisé et cet aîné avait déjà perçu que j’avais une âme d’artiste. Il m’a initié, il a compris que ma rébellion était positive.
S.R : D’où vous vient l’inspiration ?
G. : C’est la vie qui m’inspire, l’environnement, la nature, la diversité, les joies, les peines. Tout cela fait partie de mes inspirations et trouve une place dans mon art. Je suis connecté aux esprits de mes ancêtres ; je suis en trans quand je peins, ces esprits me guident dans mes inspirations du moment.

Je suis de la Famille Gwalo, nous sommes des artistes, une famille des griots. Il y a une communication divine entre Youssou N’dour et moi, issu du même ancêtre et nous communiquons à travers nos arts. Il est dans la musique et moi dans la peinture. Sa musique m’inspire, sa voix, sa tonicité.

S.R : Pouvez vous décrire votre art ?
G. : Je fais l’art ambiancé, mon art est accompagné par la musique, des vibrations et c’est à travers ces vibrations que je choisis les couleurs, je peins directement car je ne dessine pas au préalable. Issu d’une famille des griots, je suis habité par des vibrations, des trans, et ce sont des moments forts pour moi. J’hérite de cette tradition des griots, la seule différence est que le griot décrit le paysage, la traçabilité ethnique ou la tradition à l’oral, mais moi, je réalise toute la visibilité par mes peintures.
Senior reporter : Dans certains de vos tableaux, les cauris sont très présents. Que représentent-ils pour vous ?
Les Cauris sont très précieux dans mon art et ils ont beaucoup de facettes culturelles. Autrefois, c’était utilisé comme argent et maintenant, c’est la protection. Dans l’art divinatoire, les cauris ont une place principale, ils nous parlent du passé et de nos jours et de l’avenir aussi.
S.R : Avez-vous trouvé votre place dans le milieu artistique bordelais ?
G : J’ai une place partout dans le monde. Vu ma carrière, j’emmène une autre façon de peindre. J’ai mon originalité, je n’ai pas peur de présenter ce qui est dans ma tête. Le mélange de couleurs fait la beauté et l’harmonie. L’art est universel.
Quels sont vos projets futurs ?
Sillonner le monde avec mon style de peinture, montrer au public en live, peindre en ambiance.

S.R : Quel matériel utilisez-vous ?
G : Je peins avec mes mains, les pinceaux et ça dépend de l’environnement, l’art est une expression, tout matériel peut être utilisé :couteau, pinceaux, tissu, bout de bois, sable, tissus…..ça dépend de l’inspiration du moment.
S.R : Comment faites vous le choix des couleurs ?
G : Les couleurs sont connectées au système nerveux : la couleur m’indique le sentiment, je colorie avec le cœur en me connectant au système nerveux. Par exemple si j’exprime la joie, le système nerveux me connecte avec les couleurs qui expriment la joie et ainsi de suite. La couleur est divine.

Avez-vous un mot de la fin ?
Je remercie maman rose, la diaspora, l’humanité, à tous ceux qui s’intéressent à mon art : cela m’encourage qu’on reconnaisse mon travail car je travaille pour l’humanité, et dans l’humanité il y a toutes les couleurs. Je ferai le tour du monde avec ma peinture.