Le FIFIB et les séances scolaires

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Il est 13 h 30, dans la cour pavée baignée de soleil. Les membres du staff du festival FIFIB profitent de leur pause déjeuner, installés dans un transat ou attablés devant leur ordinateur. J’attends l’arrivée des élèves qui donnera le coup d’envoi à la projection du film « Lio dans les étoiles », de Sarah-Megan Allouch. Cette année, le thème choisi pour les séances destinées au jeune public est « le Courage, de l’Intime au Politique ». Rencontre avec Gaëtan Fortin, architecte de la programmation et de l’accueil des scolaires, aidé par Juliana Etchevers en service civique.

Le festival FIFIB 2025 a permis de rassembler des films militants. Ils parlent de situations dans lesquelles un jeune peut se projeter dans ce qu’est l’engagement politique. Ils ne sont, bien sûr, pas trop théorique et adaptés au regard d’une jeune personne. Dès le mois de mai, une réflexion avec l’équipe de programmation a lieu. Les oeuvres sélectionnées et les invités sont évoqués. Au fur et à mesure, une thématique se dégage.

« À partir de la thématique, nous cherchons les liens à créer avec les programmes scolaires » explique Gaëtan Fortin. Les professeurs référents et le rectorat organisent des séances de travail pour évaluer si certains films correspondent mieux que d’autres. Au final six films sont sélectionnés. « Nous faisons les dossiers pédagogiques. Ensuite, le programme rédigé est envoyé aux professeurs avant les vacances d’été. »

Les missions de l’équipe pendant le mois de juillet : confirmer la présence des films, trouver les copies, vérifier que ces copies soient en français et qu’elles aient des sous-titrages si elles sont en version originale. Gaëtan ajoute « on voit aussi s’il est possible d’inviter une personne de l’équipe du film. Notre programmation est vraiment terminée courant août. » 

Gaëtan et Juliana sont en lien avec la référente du rectorat de Bordeaux, également référente pour l’éducation à l’image. Elle aide à communiquer aux professeurs et aux établissements la proposition de programme finalisée. Ils choisissent un film en se pré-inscrivant sur la plateforme ADAGE (application dédiée à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle du ministère). Celle-ci permet aux enseignants de voir toutes les offres proposées en région pour des ateliers, des festivals, etc.

« Les pré-inscriptions vont déterminer la manière dont on place les films dans notre grille. Si on est sûr que tel établissement va venir pour tel film, tel jour, alors, nous faisons au moins une séance ce jour-là » précise Gaëtan. Les établissements non pré-inscrits sont tributaires de la grille de programmation. Cependant, l’équipe essaie de s’arranger au mieux si des classes ne peuvent pas venir le jour de la diffusion programmée.

Les séances des scolaires sont souvent suivies d’une discussion. Le but étant de faire en sorte que les élèves puissent sortir de la salle en ayant des pistes de réflexion, qu’ils pourront travailler avec leurs professeurs. « Parfois, comme c’est le cas avec Lio dans les étoiles, on accompagne le film avec des ateliers pratiques en lien avec le monde du cinéma, en l’occurrence les costumes, avec des objets de récupération pour sensibiliser à la problématique des déchets qui est le thème du film », détaille Gaëtan

La réalisatrice, autrice et aussi assistante pour la mise en scène, Sarah-Megan Allouch, est depuis peu enseignante en réalisation. Elle avait envie de parler d’écologie, des anxiétés qui concernent les enfants. « On se rend compte qu’ils ont plus de mots que nous, adultes. Ils se rendent beaucoup plus compte de la situation dramatique dans laquelle on se trouve et que c’est de pire en pire »

Le synopsis du film est l’histoire d’une petite fille, Lio, un peu livrée à elle-même dans une famille dysfonctionnelle. L’adolescente cherche sa place et cherche à faire sa vie. Seule avec ses rêves, ses cauchemars, ses interrogations, elle entend les informations qui annoncent des choses de plus en plus effrayantes. Elle se dit qu’il va falloir qu’elle soit forte et qu’elle sauve sa famille d’une menace imminente.

Les séances ont lieu au cinéma Utopia, à l’UGC ou à Mably, selon le nombre d’enfants par séance. Pendant les deux derniers jours, une seule école est venue avec plus de cinq classes, soit 130 élèves. Au total, 967 élèves avec 95 accompagnants, soit 1 062 spectateurs pour 36 établissements ont été accueillis. Une participation stable détaille Gaëtan : « nous avons les mêmes effectifs scolaires que l’année dernière. C’est bien que ce ne soit pas en baisse, malgré une baisse des financements pour la culture du côté de l’Éducation nationale.. »

Juliana Etchevers a un message pour vous, lecteurs du blog des Seniors reporters :

Article écrit avec la complicité d’Eliane




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