Souvenirs de ce printemps 2020: Quand le temps s’étire!

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Avec la pandémie, Bordeaux, comme le monde entier, a vécu une période inédite, mais une question se pose : les seniors, avec leur expérience, ont-ils été avantagés pour supporter confinement, dé-confinement et mesure-barrière ?

Sur le pas des portes, s’il fait beau, les personnes âgées recommencent à tenir dans les rues des conversations détendues et enjouées, ça se voit malgré les masques grâce aux gestes et aux tons de voix, comme avant… mais à distance raisonnable. Parler de la pluie et du beau temps, c’est bien, mais chacun a besoin aussi de témoigner de son vécu pendant le confinement. « Moi, dit l’une, mes proches m’ont beaucoup manqué, le téléphone, ça ne remplace pas… » et son voisin d’ajouter, « Oui, le temps ne passait pas, j’avais l’impression de jouer dans ce film, là, vous voyez… Un Jour sans fin* ! ».

Des jeux qui refont société

« C’est stressant, c’est sûr… la cuisine et surtout la pâtisserie ont été une détente, mais bon, il ne faut pas en abuser, on prend vite des kilos en trop, n’est-ce pas ? Mon mari et moi, nous avons beaucoup joué : aux cartes, au Scrabble, aux petits-chevaux, à des jeux des années 80 qu’on avait relégués au garage depuis que les enfants ont grandi et parce que leurs enfants ne sont pas encore assez grands. Nous nous sommes bien occupés avec ces jeux de société oubliés ; heureusement qu’on les avait gardés ! ». Ces « jeux de société », palliatifs un temps, ont donc repris du service et leur vrai sens : ils ne seront sans doute plus laissés de côté, maintenant que les visites familiales ont pu reprendre. Les seniors se font un plaisir d’en expliquer les règles aux petits-enfants, comme ils l’ont fait à leurs enfants avant eux… « Pour les cartes, j’en étais réduite aux patiences qui portent bien leur nom ! Alors moi je me suis absorbée dans des puzzles, plus il y avait de pièces, mieux ça valait, 2000, 3000 ! C’est fou comme on s’absorbe dans cette occupation, tu oublies tout, l’anxiété, la solitude et le reste ! » intervient une dame plus âgée, veuve. Désormais, les personnes goûtent toute la valeur des promenades et des conversations sur son trottoir, dans sa rue, dans son quartier, ces flâneries où elles redécouvrent les voisins, mais aussi le paysage qui est passé subrepticement de l’hiver à l’été, avec un printemps quel paradoxe, qu’elles ont à peine eu le temps d’apercevoir !

*Un Jour sans fin est un film américain de Harold Ramis (1993) avec Bill Murray et Andie MacDowell. Le personnage, toujours désagréable, est coincé dans la même journée d’hiver, jusqu’à ce qu’il comprenne « l’esprit de Noël ».

Sylvie

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