Lettre d’un aîné à la jeunesse bastidienne

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À la jeunesse bastidienne,

Comme vous, je suis bastidien de longue date. J’ai 86 ans, j’ai connu la seconde Guerre Mondiale, l’occupation, les restrictions et des lendemains où tout un peuple a dû faire des efforts pour remettre le pays à flot.

À la libération, j’avais 11 ans et en tant qu’écolier mon objectif était le certificat d’études primaires, précieux sésame à l’époque où le chômage n’avait pas pignon sur rue. Artisans et employeurs nous offraient alors des emplois variés et enrichissants.

En ce qui me concerne, je suis rentré comme arpète aux Chantiers de la Gironde et avec un CAP de traceur de coques en constructions navales, j’ai pu m’épanouir dans un milieu qui me plaisait. Aujourd’hui, cette entreprise qui faisait vivre un grand nombre de bastidiens a cédé sa place à une activité nautique de plaisance mais qui a laissé sur le carreau bon nombre d’excellents ouvriers.

De nos jours, une nouvelle activité a fait son apparition, la « recherche d’emploi » ; c’est le chômage qui a désormais pignon sur rue. La sélection s’avère implacable : un CEP, un CAP, un BEP ou même un BAC sont dérisoires et il y a matière à vous inquiéter, vous, vos parents et vos éducateurs. Je comprends vos états d’âme, votre découragement et vos angoisses.

Nous avons tous des aptitudes, des possibilités et des perspectives d’avenir, mais si nous avons besoin d’ingénieurs, de chercheurs, de professeurs et autres, nous avons souvent recours à de bons ouvriers, maçons, chaudronniers, menuisiers et j’en passe. Faut-il être bardé de diplôme pour exercer des professions parfois très rémunérées ?

Je dis non à l’élitisme. Je pense qu’un bon niveau d’instruction, une bonne dose de volonté et de courage est gage d’un bon avenir professionnel. Il n’y a pas de déshonneur à travailler en salopette et d’avoir les mains dans le cambouis. Il ne faut pas baisser les bras et relever la tête ! La période que nous traversons nous rend pessimiste, mais il faut croire en l’avenir. En toutes circonstances, les français ont fait preuve de courage ; soyons fiers de nos racines et perpétuons cette qualité qui est la nôtre.

Ayez confiance en ceux qui vous éduquent ; vous êtes notre avenir et nous les anciens nous croyons en vos qualités et comme disait un certain Roger Couderc : allez les petits !

© Marc Péna (Club Seniors Queyries)

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