Le 3ème sommet aéronautique et spatial de Bordeaux Métropole s’est tenu le mardi 17 octobre 2023 au palais de la Bourse. La filière rencontrant des difficultés de recrutement, l’attractivité des métiers de l’aérospatiale et la transition environnementale étaient au centre de la thématique de cette édition.
Le sommet aérospatial a été créé par Bordeaux Métropole en partenariat avec le journal économique La Tribune et l’association BAAS*. Cet événement rassemble les acteurs de la filière et participe au rayonnement de ce secteur d’excellence métropolitain qui représente 13 000 emplois directs pour Bordeaux Aéroparc et 300 entreprises.
«Ce qui vole dans l’air ou dans l’espace porte la marque de la Nouvelle-Aquitaine»
Une filière en tension
En introduction, Gilles Fonblanc président de l’association BAAS présente une filière en tension, «le renouvellement de nombreux départs à la retraite, les enjeux nouveaux comme la décarbonation, l’explosion des services dans l’espace, l’importance que revêt la défense» sont autant de défis à relever. À l’heure où les avions sont construits à la chaîne, le transport aérien ne jouit plus de l’aura qui l’accompagnait au temps des conquêtes. Pour Paul Chiambaretto, directeur de la chaire Pégase**, un effort de communication est nécessaire car la filière «a une vision très technique, très chiffrée, elle oublie d’y mettre de la chair, de l’émotion». À noter que «par autocensure», les femmes sont peu attirées par cette activité. Le niveau de rémunération des métiers de l’industrie est aussi à considérer, Mr Delpeyrat vice-président Économie Emploi Bordeaux Métroplole regrette «que de brillants ingénieurs comme les polytechniciens préfèrent la finance plutôt que l’industrie ». En conséquence, Bordeaux Métropole déploie de multiples actions afin d’assurer l’attractivité et la formation de compétences à tous les niveaux : ingénieurs, techniciens, gestionnaires. L’incubateur de startups Technowest et la future Cité des savoirs aéronautiques et spatiaux Tarmaq concrétisent cette volonté. Des prix et des concours ont également été créés pour stimuler les imaginations à tous les niveaux de l’enseignement.
La transition environnementale à l’ordre du jour
Bien que l’impact environnemental du transport aérien ne soit plus à démontrer, l’aéromobilité intercontinentale est ardemment défendue par les participants à ce sommet. Marc Rochet Directeur général de French Bee*** ne se dérobe pas « notre responsabilité est totale, il ne s’agit pas de nier ce problème, mais pousser la technologie est la solution pour réduire l’empreinte carbone de l’aviation civile». Il argumente en citant l’exemple de l’Airbus A350 qui consomme 25% de moins de carburant que son prédécesseur l’A330. Il propose également des améliorations dans les installations aéroportuaires et l’optimisation par le contrôle aérien des trajectoires pour limiter la consommation de carburant.
De son côté, Bordeaux Métropole a inscrit comme objectifs la décarbonation de l’industrie avec notamment l’utilisation de biocarburants ainsi que le réemploi des matériaux qui jusqu’à présent étaient jetés, en particulier les métaux rares. Un programme ambitieux mais «au fort potentiel d’innovation».
Informations :
Pour revivre l’événement : https://sommet-aeronautique-bordeaux.fr/
*BAAS : Bordeaux Aquitaine Aéronautique et Spacial https://www.aero-baas.fr/
**La Chaire Pégase se consacre à l’économie et au management du transport aérien et de l’aérospatial.
***French Bee est une compagnie aérienne française à bas coût.



