L’exposition « Les Magnifiques » rend hommage aux chercheurs sur le cancer. Elle a fait étape fin octobre, à Cap Sciences et a éveillé la curiosité : chercheurs, cliniciens et patients voguent vers l’espoir, celui de guérir le cancer, tous les cancers. La prévention est la première étape, elle est essentielle, même si elle est trop souvent négligée.

L’exposition « Les Magnifiques » conçue par la Fondation de l’ARC a été réalisée en partenariat avec la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris où elle a été présentée deux fois avant de partir en itinérance en France. Bordeaux a été la première étape.
La cancérologie est plus que jamais un enjeu de santé publique et de société : 4 millions de personnes en France sont directement touchées par la maladie et ce chiffre grimpe à 10 millions en comptant les aidants.
A la fin du siècle dernier, 30 % des cancers étaient guéris. En 2014, la moitié des cancers l’étaient et aujourd’hui, 60 % le sont. L’objectif est d’atteindre très rapidement les deux tiers de cancers guéris indique Dominique Bazy, président de la Fondation ARC . Cet espoir est largement partagé.
Espoir dans la prévention qui se réinvente
La prévention primaire consiste à agir sur les facteurs de risques d’apparition d’un cancer. En 2023 le nombre total de nouveaux cas de cancer est estimé à 433 000 dont 57 % chez l’homme. Ce nombre a doublé depuis 1990.
Il est bon de savoir que 40 % de ces cancers seraient évitables en limitant l’exposition à certains facteurs de risque bien identifiés : la consommation de tabac et d’alcool, l’exposition au soleil. Au contraire, une bonne hygiène de vie protège : une alimentation saine privilégiant le régime méditerranéen plutôt que les produits ultra transformés par l’industrie agro-alimentaire, une activité physique pratiquée une demi-heure par jour, sont des recommandations maintenant bien connues et popularisées.


L’environnement professionnel et quotidien est de plus en plus analysé : les particules fines en milieu urbain ou les pesticides en milieu rural sont particulièrement néfastes. Toutes les politiques visant à lutter contre la pollution de l’air, de l’eau ou des sols sont sources d’espoir !
La prévention, pas assez ciblée



Et pourtant de grands efforts sont faits pour la prévention : à l’école, dispensée par les enseignants de SVT dès la 5ème au chapitre « Le corps et la santé », dans les fictions ou documentaires, de plus en plus nombreux, avec les artistes : dans les galeries, les musées et sur les murs du « Street Art ».
Quand elle existe, la vaccination est fortement conseillée. : que ce soit contre l’hépatite B ou contre le papillomavirus. L’exposition s’adresse aux jeunes et à leurs parents sous forme humoristique, pour mieux informer sur la transmission du virus et ses conséquences, qui est responsable de 5 % des cancers.
« On n’empêchera pas le HPV de papillonner. La seule solution, c’est de se faire vacciner ! »
La prévention individualisée est une piste à privilégier. La Dr Suzette Delaloge expérimente à Gustave Roussy (Villejuif) le programme « Interception ». Un questionnaire précis pour les personnes jugées à risque est complété par leur médecin traitant en prenant en compte l’hérédité. Ces personnes sont invitées ensuite à une journée « Interception », pour des rencontres dans différents ateliers. Un moment participatif, ludique et jamais culpabilisant.
Mais la prévention ne peut pas tout :
Quand vous cuisinez des aliments labellisés « bio », quand vous filtrez l’eau du robinet, quand vous cultivez vos légumes dans le respect de l’agroécologie, quand vous marchez quotidiennement et pratiquez l’aquagym 2 fois par semaine, vous vous dites que vous cochez toutes les bonnes cases… à l’exception peut-être de situations de stress ou de chocs psychologiques… mais y a-t-il véritablement un lien ? Votre oncologue qui vient de vous diagnostiquer un cancer peut vous dire à juste titre et avec la plus extrême bienveillance : « C’est la faute à pas de chance ». Après avoir encaissé « l’uppercut » de l’annonce de cette nouvelle bouleversante et avoir repris vos esprits et votre lucidité, la fatalité domptée, vous vous en remettez aux progrès scientifiques et médicaux, ils sont constants et immenses : Espoir dans les soins et les traitements, espoir dans la recherche.