Le 13 février dernier à la Salle des fêtes du Grand Parc, a eu lieu la cérémonie officielle des lauréats du budget participatif de la ville de Bordeaux. Une cinquantaine de personnes étaient présentes : des curieux, des élus et surtout les candidats porteurs de projets. Cette soirée était animée par « Les créants » un collectif d’artistes qui a ponctué avec beaucoup d’humour les moments forts de la soirée. J’ai rencontré la famille lauréate du projet de nichoirs de mangeuses de moustiques, grande gagnante de la soirée.

Julie et Didier Roche apprennent l’été dernier à la mairie de quartier de Caudéran, qu’un budget participatif de presque 2 millions d’euros est alloué pour des projets portés par des habitants de Bordeaux sur le thème « tous acteurs du climat ».
Didier Roche explique « on a réfléchi à l’échelle de notre quartier, de notre environnement et avec nos voisins, à quelque chose qui soit à la fois d’utilité publique, et d’autre part, qui pourrait agrémenter notre environnement. Et donc des idées ont mûri, en lien avec ces thématiques qui nous tiennent à cœur, le réchauffement climatique, la nature en ville, l’écologie au sens large. »
La famille Roche participe ensuite à une réunion un samedi matin avec Aurélie Paquignon, coordinatrice pour la Ville, pour affiner les projets qui ont la chance d’être retenus et rencontrer les autres participants. Il faut faire entrer les idées dans une des 5 thématiques : déplacements doux et décarbonés, aménagement de places convivialité et leur végétalisation, végétalisation de la ville hors places et placettes, et pour finir, culture du sport et de l’esprit.
Julie Roche précise « avant et après la réunion, il y a eu des échanges de mails, des relectures. Nous avons eu une rencontre un soir avec l’illustrateur Guillaume Lefevre pour voir comment représenter le projet en dessin. » L’ illustrateur permet l’uniformisation de la communication et la valorisation graphique. Sur le site internet, chaque projet est présenté par un dessin. La mairie fournit aussi des kits de vote et une urne aux candidats.



Julie Roche ajoute « la difficulté était d’être synthétique pour le texte du livret de présentation de l’ensemble des projets qui faisait à peu près une page. La deuxième étape, depuis fin décembre, était la partie électorale : attirer les suffrages. Comment diffuser dans notre quartier ? Utiliser les supports, les affiches, communiquer par SMS, par mail, par échange direct avec nos commerçants et nos voisins, nos collègues qui habitent à Bordeaux. Cette partie-là a pris beaucoup de temps pour inviter les gens à s’intéresser et voter.»
«Il a fallu de la régularité, parce que ça a commencé, en octobre ou novembre, et qu’il y avait un timing à respecter. La densité était là, mais honnêtement, une fois qu’on était lancés, on s’est investis. »



Les Créants
Aurélie Paquignon, facilitatrice auprès des porteurs de projets, très remerciée pendant la soirée et notamment par Les Créants explique : « Mon rôle est de faciliter le fait que toutes et tous puissent avoir l’occasion de déposer un projet. Donc d’essayer d’aller au plus près dans les quartiers, y compris les quartiers politiques de la ville pour aller parler du budget participatif aux gens, parce que il est souvent mal connu. On accompagne aussi une dynamique positive pour que les différents porteurs se sentent dans le même bateau plutôt que concurrents.»
Didier Roche ajoute « finalement, on a déposé deux projets familiaux. Pour la lutte biologique contre les moustiques qui sont un véritable fléau, on a imaginé une installation de nichoirs à chauves-souris. Elles sont des prédatrices naturelles des moustiques. Cela marche aussi avec les hirondelles, donc il n’y a pas de raison qu’on s’arrête aux chauves-souris ».
L’idée des nichoirs fait « mouche » et la mairie a décidé de ne pas réserver leur installation au Parc Monséjour, mais d’en faire bénéficier tous les parcs de la ville.
Didier Roche précise « Le deuxième projet, c’était l’aménagement d’un terrain qui jouxte le parc Monséjour, et un terrain de sport et de foot. On voit les supporters l’été qui cuisent sous le soleil, sans un point d’ombre ».
Concrètement tout ou une partie du terrain sera aménagée, et sera créée une zone ombragée avec des tables, des endroits pour pique-niquer, se rencontrer, et se protéger du soleil.

Pendant la soirée, Tiphaine Ardouin, élue à la démocratie permanente explique « on travaille sur les évolutions du budget participatif, comment on le construit , comment on valide les choses ensemble. Par exemple, la question de la place qu’on donne dans un budget participatif aux porteurs de projets qui n’ont pas été reçus, qui n’ont pas été mis au vote, ou qui n’ont pas reçu suffisamment de votes…Il est très important pour moi de travailler avec Aurélie et avec tout le service de la mission, pour essayer d’identifier comment on fait pour entendre finalement le projet de l’habitant, même s’il n’a pas été retenu ».
Didier Roche abonde « il est possible d’avoir des projets citoyens simples qui ne s’appuient pas sur des choses très compliquées. Donc le message c’est : déposez des projets en 2026.«
Leur projet de nichoirs de chauves-souris a été le plus plébiscité, avec 2 411 voix sur 4 591 votants (2 500 précédemment ).
Au cours de la soirée, Pierre Hurmic déclare « 75 % des projets du dernier budget participatif 2022 seront réalisés d’ici fin 2025. En décembre dernier, HelloAsso a classé la ville de Bordeaux parmi les grandes villes dont les habitants sont les plus investis dans le monde associatif devant Lille et Paris. »
Pour aller un peu plus plus loin sur la pratique démocratique à Bordeaux, un observatoire de la démocratie permanente existe. Les citoyens pouvaient y candidater jusqu’au 15 février. Résultat du tirage au sort, courant mars. https://www.bordeaux.fr/p155652/rejoignez-l-observatoire-de-la-democratie-permanente-de-la-ville-de-bordeaux-
https://www.bordeaux.fr/p138324/participation-et-democratie-permanente