Lilee Imperator s’expose et fait le M.U.R

Jeune artiste de Street Art d’origine austro-nigériane, Lilee Imperator présente «ILLUSIONS », sa première exposition en solo à la Galerie Magnetic dans le quartier des Chartrons et réalise une fresque sur le M.U.R, place Avisseau, en parallèle de son exposition.

Jusqu’en 2021, l’artiste vit dans le Tyrol Autrichien. À cette époque, elle a plusieurs cordes à son arc, et son statut d’auto entrepreneuse lui permet d’exposer. Elle commence avec un petit panneau dans l’espace public, il plaît et les gens veulent le même. Lilee Imperator a le sentiment qu’elle peut en vivre. Elle squatte une exposition en mettant huit de ses toiles qui sont toutes achetées par la même personne. Elle se lance alors dans diverses activités telles que la mode et la création de vêtements et le design puis la programmation de logiciels de jeux vidéo. Elle met maintenant en application tout ce qu’elle a appris. 

SR : Pourquoi ce nom, Lilee Imperator ?

Lilie Imperator : Lilee est mon vrai prénom et j’utilise Imperator dans mon art, c’est une forme masculine pour exprimer ma version de l’autoritarisme et de l’empouvoirement. Je ne veux pas me laisser impressionner par le regard et l’avis des autres, je n’écoute personne et je fais les choses à mon idée en créant un monde où je suis moi même.

SR : Vous êtes à Bordeaux depuis 4 ans, quel a été votre parcours depuis votre arrivée?

LI : J’ai continué à faire ce que je faisais déjà en réalisant une première fresque dans le quartier de la Rousselle où j’habite. Elle a été photographiée de nombreuses fois et relayée sur Instagram, ce qui m’a donné de la visibilité dans le milieu de l’Art Urbain. Des collectifs m’ont ensuite contactée pour réaliser des œuvres : Médusyne à Mérignac, l’association « L’Inconnue » ( rock et chanson) à Talence et « Foksabouge » au Haillan, centrées sur le thème de l’égalité des sexes, elles avaient pour but de briser les barrières culturelles et sociales. Elles m’ont aidée à me faire connaître.

SR : Vous êtes une femme, étrangère et métisse, quel accueil avez vous reçu ?

LI :   En fait, moi c’est un truc que je fais et j’y crois fort, je n’accepte pas qu’on ne m’accepte pas parce que je suis une femme. Parce que j’ai ça en tête, cela me donne de la force pour trouver ma place. J’ai perçu qu’il y a encore des idées inégalitaires sur la place des femmes dans l’art mais grâce aux réseaux sociaux, on a d’autres modèles hyper féminines qui évoluent dans ce milieu. Moi même, je peux maintenant être un exemple à suivre en tant que femme et métisse et j’encourage les des graffeuses atypiques comme moi à se lancer.

SR : Votre technique, c’est le « flow », comment le définissez vous ?

LI : Mon élément préféré c’est l’eau qui se retrouve dans mon style fluide et crée des formes changeantes. Je m’amuse à créer deux mondes dans mes toiles, l’un, abstrait et mouvant et l’autre derrière plus personnalisé mais qui n’est pas toujours visible au premier regard. Je veux créer un lien inclusif pas seulement pour un type de personnes, avec des portraits qui parlent à l’imagination de chacun.  

SR : Vous avez une belle actualité de rentrée avec l’exposition à la Galerie Magnetic des Chartrons et la fresque du Mur du Souffle à Bruges, avez-vous de bons retours ?

LI : Oui, bien sûr, je suis très contente de la curiosité et de l’enthousiasme du public qui découvre mon travail et ce double regard qu’il faut avoir pour bien saisir le figuratif, au delà de la couleur. Dans mon travail, les couleurs employées sont très douces, je veux qu’elles apportent calme et apaisement. Sinon, l’association Le Mur du Souffle m’a demandée de réaliser une fresque en direct en compagnie d’autres graffeurs. Cette opération qui se tient tous les deux ans sous le pont du tram C, station Ausone à Bruges a pour but de lutter contre la mucovicidose, je suis contente d’y participer et d’apporter  ma contribution

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