Samedi 11 octobre 2025, les jeunes bellevillois étaient à l’honneur après la projection du film de Hugo Sobelman, « Belleville nous verra toujours danser ». Le réalisateur est venu de Paris avec toute l’équipe du tournage et les acteurs, soit trente personnes venues célébrer dans la joie la sélection du film pour la 14ème édition du FIFIB. Les seniors reporters l’ont rencontré après la projection, et ont participé à la fête dans une ambiance électrique.

Tourné dans le local de l’association « La Perm », situé au pied du parc de Belleville dans le 20ème arrondissement de Paris, le documentaire donne la parole aux jeunes Bellevillois, sur leurs difficultés d’intégration. Il montre aussi les échanges autour d’un projet collectif : « Belleville en vrai », un événement culturel et sportif aboutissant à un concert très attendu.
Andrée, Senior Reporter : Pourquoi raconter cette histoire-là dans ce quartier de Belleville à partir de cette association La Perm’ ?
Hugo Sobelman : « C’est la rencontre avec ces jeunes par le biais d’une bénévole, Alice, qui m’a permis d’entrer dans ce lieu, de rencontrer les gens, de les écouter parler. J’ai eu envie de m’intéresser à eux, de découvrir une énergie que je ne connaissais pas, avec la capacité de débattre de choses très profondes et très dures de leur quotidien avec un humour et une verve qui m’ont bouleversé. On a réussi à se rencontrer d’un point de vue humain, à se comprendre, à se regarder. Ils m’appréhendaient autant que je les appréhendais. Dès lors que l’on s’est apprivoisés, je savais que j’avais le droit de faire ce film. ».
SR : Le documentaire a une durée de 87 mn, comment s’est organisé le tournage ?
Hugo Sobelman : « Ma première visite à la Perm remonte à 2019, puis il y a eu le Covid. On a commencé à tourner en 2021 pendant un an et demi à raison de deux fois par semaine. Le propos du film était de voir “grandir” ces jeunes, de mesurer l’impact de ce local associatif au sein de ce quartier et dans leur vie. Le temps est alors notre meilleur allié. Ce qui nous a permis d’avoir autant de rires, de confrontations, de laisser les émotions s’exprimer. »

SR : Vous avez pu monter votre projets grâce à trois sociétés de production (Mauvaises herbes, Petit à petit, Gogogofilms) , ça n’a pas dû être simple à gérer ?
Hugo Sobelman : « Au contraire, avoir autant de productrices a été un atout. Ces trois sociétés déléguées m’ont superbement accompagné avec leur expérience plus ancienne que la mienne.. Mes productrices et ma monteuse m’ont permis de garder un recul en faisant la part des choses. »
SR : Avoir été sélectionné au Fifib, ça représente quoi pour vous?
Hugo Sobelman : « C’est extrêmement important, c’est la toute première sélection pour le film dans ce festival très chouette avec des projections de qualité diffusées tous les jours. L’équipe est formidable. Je suis ravi de découvrir le Fifib. D’autant plus fort que j’ai été accompagné par tous les Bellevillois ! »
SR : En 2020 vous avez tourné un documentaire « Soul kid » sur de jeunes afro-américains de Memphis. À partir de la musique, vous montrez les problèmes sociaux de ces jeunes défavorisés, problématiques communes aux jeunes de Belleville. Par quoi êtes vous influencé dans le choix de vos sujets?
Hugo Sobelman : « Il y a une continuité dans mon travail notamment d’un point de vue social. La musique a été un pont pour rencontrer les jeunes de Memphis. Mon propos est autre pour Belleville. J’ai fait un troisième film « Golda Maria » sur ma grand-mère déportée à Auschwitz. Mon père lui a demandé de raconter son drame dans les années 90. Pour la première fois de sa vie elle a décidé de parler. Le lien est là entre mes trois films : la parole. »

Après la projection, la parole est aux acteurs
Au cours du débat qui a suivi la projection, chacun des protagonistes s’est exprimé avec émotion et humour sur ce que le tournage lui a apporté. Tous ont remercié chaleureusement Hugo Sobelman qui a poussé la porte de la Perm’, local associatif, lieu d’échanges, de confrontation et d’élaboration de projets collectifs, sans préjugé.
« Il a donné beaucoup de son temps et nous a fait confiance » déclare Mathieu un des acteurs, «pour nous c’est la découverte du cinéma et d’un métier fait avec passion ». Moussa ajoute « quand je pense à la première rencontre à la Perm’ et que je nous vois sur écran et dans une salle de cinéma, je n’en reviens pas ! Je suis très fier de cette affaire .» « Il montre notre quotidien, les inégalités que nous connaissons bien, c’est une belle expérience et nous avons beaucoup appris » conclut Oussama, l’animateur de l’association la Perm’.
Soirée au Village Mably animée par les Bellevillois

La fête s’est poursuivit village Mably. Walter et Mathieu, les musiciens du groupe, montent sur scène pour slamer leur poème sous les acclamations de leurs supporters. La plupart ont découvert Bordeaux et regrettent de repartir si vite, mais ils auront vécu des moments inoubliables.

A.