Le Photo Club de Bordeaux (PCB) est une association loi de 1901 qui regroupe un peu plus de soixante dix adhérents enthousiastes, amateurs de photos de qualité. Créé en 1911, son président Claude Roussillon le qualifie de « vieux monsieur » : c’est le plus ancien des photos clubs français, affilié à la Fédération Photographique de France. L’exposition annuelle qui se tient à La Source, la médiathèque du Bouscat, du 16 au 25 juin, est le point fort de la saison photographique. Rencontre avec ce photographe reconnu.

Seniors Reporters : Pouvez-vous présenter le Photo Club de Bordeaux (PCB)?
Claude Roussillon : C’est avant tout un espace de convivialité et de partage où les membres, de niveaux différents, cohabitent harmonieusement, des ateliers permettant aux débutants de progresser et d’acquérir de la technique. A l’origine, il était très orienté sur les concours, j’ai essayé de le diversifier au maximum en l’ouvrant sur l’extérieur grâce aux expositions, notamment celle qui se tient tous les ans en juin à la médiathèque La Source au Bouscat, depuis 2017. C’est d’ailleurs par ce biais, qu’à partir de 2024, le PCB a été invité à participer au Mois de la Photo. Les concours n’ont pas été laissés de côté puisque nous sommes toujours en coupe de France, parmi les 20 meilleurs clubs que compte la Fédération.

SR : Pouvez vous définir l’esprit du PCB ?
C.R : Je dirais bon enfant. J’ai fait perdre l’esprit compétition que peuvent avoir un certain nombre de clubs. Ce qui ne nous empêche pas d’être en coupe de France, la recette fonctionne donc. Lors du recrutement de nouveaux adhérents, leur niveau n’est pas primordial car je préfère des gens motivés, nous mettons nos compétences en commun et tout le monde progresse. Pour moi, l’esprit du club, c’est la convivialité, la rencontre, le partage et puis l’ouverture sur l’extérieur. Je suis preneur de tout ce qui permet de donner de la visibilité comme de faire pratiquer la photo à nos adhérents dans des conditions un peu particulières qui peuvent les faire sortir de leur zone de confort. Par exemple, le partenariat avec la fédération française de Culturisme que nous avons depuis 2015.
SR : Pouvez vous nous parler de votre évènement annuel ?
C.R : L’exposition Si la lumière nous était contée se tiendra du 16 au 25 juin dans la grande salle de la Médiathèque. Notre principe est que chaque participant ait au moins une photo accrochée, c’est stimulant et cela évite les frustrations. Nous avons démarré avec 27 participants et 40 photos ce qui fait déjà une belle expo, nous sommes 60 en 2026 et avons dû racheter une dizaine de cadres. Cela montre qu’il y a une bonne dynamique, que les gens prennent plaisir à montrer leur travail et à en discuter avec les visiteurs. Le format retenu 40×60 permet d’avoir des photos relativement grandes que l’on peut imprimer au club. Sinon, il faut passer par un imprimeur et cela a un coût.

J’ajoute que le succès du mois de la photo qui a accueilli 3000 visiteurs en 2026 permet de recycler l’exposition car un tel événement se prépare sur une année, il ne s’agit pas de l’accrocher une fois, puis de la mettre dans les cartons. Celle de 2025, Le Photo Club fait son cinéma qui avait accueilli 200 visiteurs, a été accrochée quatre fois : à la médiathèque du Bouscat, au mois de la photo à la halle des Chartrons, à Langon et dernièrement chez notre partenaire Boesner. Dans les premières expositions, nous avons eu l’opportunité d’exposer à la piscine Judaïque pendant les journées du patrimoine. Le cadre n’était pas classique mais nous a apporté une belle visibilité. La mairie semble suivre notre travail avec intérêt, des membres de la municipalité étaient présents lors du vernissage du mois de la photo, le contact a été excellent.


.
SR : Est-ce que l’ancienneté du Photo Club lui donne un avantage sur les autres?
C.R : Non, c’est anecdotique, je dirais. Cela montre que l’on tient toujours malgré les tensions qui existent parfois mais l’on fait en sorte que tout se passe bien, que le club soit toujours vivant et qu’il se porte de mieux en mieux. Lorsque je suis arrivé en 2011, le nombre maximum autorisé était de 50 adhérents, nous sommes passés à 75, c’est la limite fixée car c’est encore un nombre correct à gérer. Les séances du jeudi soir au Centre d’animation de Monséjour sont elles aussi en progression, passant de 25 participants en moyenne au démarrage à 35 personnes environ aujourd’hui.
SR : Depuis combien de temps êtes vous responsable du PCB ?
C.R : Depuis 2015. En fait, je suis rentré au PCB en 2011, assez rapidement, j’ai pris le secrétariat, puis la présidence que j’occupe depuis 10 ans. Mon rôle est de faire en sorte que tout fonctionne bien. Pour l’instant il n’y a personne pour prendre la suite donc je continue et j’ai retrouvé une certaine motivation avec ce Mois de la photo qui ramène d’autres activités. Je m’attache surtout au rayonnement extérieur du club. Donc beaucoup de relations avec les politiques, avec des associations, avec tout le public extérieur pour trouver des opportunités.

SR : Vous êtes un photographe reconnu, cela apporte-t-il un plus au PCB ?
C.R : Cela commence oui. La reconnaissance à titre personnel est beaucoup plus difficile à acquérir, parce que des photos clubs, il y en a un certain nombre, mais des photographes, il y en a énormément et percer à titre individuel est beaucoup plus compliqué. Je ne dirais pas que je me sers du Photo Club pour me faire connaître mais c’est une sorte de combinaison entre les deux. Quand je me présente, c’est en tant que président et j’en profite pour embarquer le club derrière moi mais j’essaie aussi de me construire en mon nom propre avec un travail personnel.



SR : Comment voyez vous l’évolution du photoclub ?
C.R : Il est un peu victime de son succès, je propose beaucoup de choses, j’ai un peu une boulimie d’activités orientées vers l’extérieur, ce qui peut déstabiliser quelques membres qui ont plutôt envie de se retrouver entre eux. Mais je tiendrai bon, tant que je serai président parce que c’est ce qui fait en partie la réputation du club qui commence maintenant à être bien connu et reconnu. Nous avons une orientation propre au PCB et un certain type de photos que l’on ne retrouve pas ailleurs. Nous avons su faire notre place avec une approche grand public, représentative de la société. Nous sommes aussi quelques-uns à avoir une démarche plus artistique, mais d’autres adhérents sont débutants, il y a de la place pour tous.

SR : Quels sont les projets du PCB ?
C.R : Toujours le Mois de la photo et de notre exposition annuelle parce qu’elles marchent bien. Continuer à travailler sur des séries d’auteurs des membres avec une sélection peut-être un peu plus pointue. Trouver d’autres animations parce que cela donne toujours une certaine dynamique. J’ai été sollicité par la mairie pour renouer le partenariat de jumelage avec Fukuoka dans la perspective d’une exposition croisée, la 1ère avait eu lieu en 1991. C’est un projet à long terme, j’ai essayé de le relancer mais pour l’instant, c’est un flop.
J’aimerais aussi mener un partenariat avec une association pour un travail sur des gens en difficulté qui sont à la rue, en leur proposant de faire leurs portraits pour les mettre en valeur. En remerciement, des tickets services seraient offerts pour acheter des produits de première nécessité, alimentaires ou autres. Les tirages et les tickets services pourraient être financés par les mairies. J’ai également un contact avec les pompiers, pour voir s’il serait possible de les suivre en intervention et monter une expo sur ce thème dans le petit hall de la caserne Ornano. Il ne faut pas qu’une association tourne sur elle-même mais montre toujours sa notion d’ouverture en travaillant avec d’autres associations.
Cela fait quand même une bonne liste de projets mais en attendant, je vous donne rendez-vous à la médiathèque de La Source au Bouscat du 16 au 25 juin.
© Crédit photos : Photo Club de Bordeaux