À la fois dessinateurs et musiciens, Alfred et Charles Berberian nous régalent à la librairie du Contretemps !

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Vendredi 17 octobre, le coup d’envoi de la Carte Blanche à Alfred a été donné à la librairie du Contretemps. Plus qu’une simple librairie, c’est un lieu de rencontre où Marina vous accueille avec chaleur, un endroit où au bout de 5mn on se sent comme chez soi. 

Et c’est l’endroit qu’a choisi Alfred pour inviter son ami Charles Berberian pour un concert musical. 

Le public est venu nombreux pour assister à ce concert musical gratuit . 

Alfred et Charles Berberian se chauffant quelques minutes avant le concert

Alfred, un artiste protéiforme

Longtemps Bordelais et désormais Béglais, Alfred est issu d’une famille d’artistes. Depuis son enfance, il n’a eu qu’une idée en tête, être dessinateur de bande dessinée. Et ce raconteur d’histoire a bien réussi : son album Come Prima, sorte de road movie mettant en scène deux frères dont le père vient de mourir dans l’Italie des années 60, a été élu meilleur album au festival d’Angoulême en 2014.

Depuis, sa bibliographie s’est enrichie de nombreux albums, SensoMaltempoLes jardins Invisibles, La solidité du rêve, tous un peu autobiographiques et empreints de l’Italie de ses origines. 

Ce touche-à-tout adore aussi la musique et le spectacle vivant, il forme avec Olivier Ka le duo loufoque Crumble Club

Charles Berberian, un magicien du dessin

Né à Bagdad, Charles Berberian a d’abord grandi au Liban avant de rejoindre Paris. Auteur prolifique (Charlotte PerriandLes amants de Shamhat), il a décroché (avec Philippe Dupuy) l’Alph-art du meilleur album français en 1999 pour Monsieur Jean. Son dernier album Une éducation orientale parle de sa famille et sa jeunesse à Beyrouth. 

Parlant de son dessin, le dessinateur explique, qu’utilisant peu de couleur, « le bleu est une couleur qui est assez facile à utiliser purement comme valeur, elle tend vers un sentiment d’apaisement et de mélancolie ». 

Un concert dessiné intimiste 

S’intéressant à toutes les formes de spectacles autour de la BD, Alfred n’a pu que répondre favorablement quand la bibliothèque de Bègles lui a proposé une carte blanche. Et il s’en est emparé « comme d’un fabuleux terrain de jeu ».

Musiciens tous les deux, Alfred et Charles Berberian ont conçu leur duo, « sans prétention, pour passer un bon moment avec le public », enchaînant dessins et lectures sur fond musical. 

Sur des chansons de leur composition pour la plupart d’entre elles, les deux dessinateurs ont déroulé des histoires autobiographiques en lien avec leur enfance. Textes et dessins, côté Alfred, évoquaient ses souvenirs d’enfance en Italie, et, côté Berberian, son enfance au Liban, thème de son album Une éducation orientale

Alternant à la guitare et au dessin, Alfred et Charles Berberian ont fait assaut de sensibilité et d’humour toute la soirée. Pour les deux artistes, ce concert dessiné était « une balade en douceur à travers textes et chansons évoquant la flânerie au fil de l’eau comme un pas de côté… »

Comme le dit tendrement Charles Berberian, « le métier de dessinateur est solitaire, et nous étions un peu jaloux des musiciens qui peuvent partager à plusieurs le moment présent ». 

Parlant de sa manière de créer, Alfred explique que par exemple, il « puise son inspiration dans les carnets qu’il tient depuis bientôt 18 ans de manière soutenue, en dessinant ou écrivant des phrases qu’il a entendues. Je prends des bribes dans un vieux carnet ou dans un carnet plus récent et j’en tire une idée à dessiner. » 

Devant un public conquis qui les a chaleureusement applaudis, les deux artistes ont pu mesurer qu’ils avaient atteint leur but : partager un moment intime, une sorte de « parenthèse enchantée » pendant plus d’une heure. 

À l’issue de la soirée, les deux artistes ont dédicacé leurs albums en échangeant avec les clients de la librairie.

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Concernant cette Carte Blanche, la responsable de la bibliothèque de Bègles raconte qu’Alfred « a eu un choix complètement libre pour concevoir ses concerts comme des moments d’amitié et de rencontre ». « Cela donne des évènements intimistes comme ce soir, mais aussi des soirées avec des formats plus grands, à travers divers lieux de la ville » détaille-t-elle. L’idée est de « permettre au public de rentrer dans l’univers et dans l’intimité d’Alfred. »

Alfred explique de son côté qu’il « n’a pas voulu présenter des spectacles ou des formules qui avaient déjà été éprouvées ». L’auteur poursuit, « j’ai envoyé des invitations à des gens avec qui nous avions envie de faire un truc inédit. […] S’il y a un fil rouge dans cette carte blanche, c’est l’appétence de chacun des invités à aller piocher dans leurs propres souvenirs, leur propre vécu et leur propres racines ». 

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