85 % des citoyens souhaitent vieillir chez eux. Si possible pas isolés et dans de bonnes conditions. En France, l’idéal de vieillir chez soi demeure vivace car cela permet à la personne âgée de garder ses habitudes de vie, de conserver son environnement, ses repères, sa liberté d’aller et venir. Cependant, la perte d’autonomie et son impact sur la qualité de vie peuvent compliquer cette aspiration. Dans ces situations, le vieillissement à domicile est plus difficile à réaliser. Des associations, des services privés, des sociétés commerciales se lancent sur ce marché en pleine expansion, d’autant que le nombre de personnes âgées dépendantes va crescendo.
AIDOMI, qui vient de fêter ses 70 ans, est une association qui milite et s’investit à Bordeaux depuis 1955 pour le maintien à domicile des personnes vulnérables qui en font la demande. Elle est le fruit du regroupement de trois associations locales consacrées, depuis l’origine, au service des personnes en perte d’autonomie, quelle que soit leur situation personnelle et sociale. C’est au cœur du projet et de l’utilité sociale définis dans les statuts d’AIDOMI.
AIDOMI s’attache à proposer une large palette de services
« Au sein de l’association, dont je suis la responsable Qualité-Développement et Partenariats, toutes les compétences utiles à ces services sont regroupées : auxiliaires de vie, aides à domicile, infirmiers et aides-soignantes » explique Sophie Lägue.

Ces tâches sont essentielles au maintien à domicile de ce public fragilisé par la maladie, les épreuves, les accidents. La palette des services et actions proposés par AIDOMI est très vaste, depuis l’aide dans les actes ordinaires de la vie quotidienne jusqu’à l’accompagnement au lien social. « Pour le financement de tous ces services, le type de contrat de prestation est un facteur important, précise Sophie L., les personnes vulnérables ont le droit et l’accès à des aides financières, dont l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) à domicile. Il existe également des avantages fiscaux et sociaux et il s’agit pour les futurs bénéficiaires et leurs proches de se renseigner. »
Aidomi accompagne plus de 1000 bénéficiaires à Bordeaux
AIDOMI travaille chaque jour pour préserver et développer l’autonomie des personnes qu’elle accompagne. 400 professionnels dont 350 salariés de l’aide et du soin, qui sont principalement des femmes, remplissent ces tâches de soins à domicile. Elles sont 80 % en CDI et travaillent à temps plein. « Le découpage de Bordeaux en 9 zones permet à chaque responsable de secteur de planifier les interventions de ces salariées avec les aléas que cela comporte. Nous insistons beaucoup sur la notion « d’aider à faire » plutôt que faire à la place. Il s’agit d’identifier les capacités de chacun de nos bénéficiaires et de travailler à les maintenir ou les aider à les améliorer, insiste Sophie L. Quand on repère des risques de fragilité chez des personnes, on agit pour mieux les prévenir et les accompagner. L’objectif étant qu’ils restent le plus longtemps maîtres de leur choix de vie, poursuit Sophie L. la bienveillance et le respect de la personne, l’écoute, sont des valeurs essentielles de notre mission. Nous ne sommes pas des surveillants mais nous avons un rôle de veille et de protection ».

AIDOMI promeut un métier du lien et du relationnel avec les bénéficiaires et proches. Les salariés, qui accompagnent et gèrent au quotidien la vie de ces personnes âgées, adultes ou enfants, handicapées, sont formés à cela. « Nous faisons également appel à des jeunes en service civique pour le « truc en plus », des visites de convivialité, des sorties, quand c’est possible.»
Aide et soin à domicile, un travail souvent précaire, qui mérite d’être reconnu
Ces professionnels de l’accompagnement à domicile sont parfois eux-mêmes dans des situations difficiles. Près de 30 % sont des femmes et hommes issus de l’immigration. « Chez AIDOMI nous avons bien conscience des difficultés rencontrées par ces salariés fragilisés. Nous sommes à leur écoute pour leur apporter la protection à laquelle ils ont droit. Une assistante sociale est là pour faire remonter les problèmes rencontrés par ceux-ci, dans des situations difficiles, comme par l’ensemble du personnel. Par ailleurs nous offrons une organisation du travail qui s’adapte aux situations individuelles et des opportunités de formation individuelle diplômante (aide-soignant, accompagnant éducatif et social). Notre objectif est de valoriser le travail de ces personnes, notamment par la promotion interne. Mais il y a encore beaucoup à faire » constate amèrement Sophie L.
AIDOMI a fêté ses 70 ans le 16 octobre 2025, partout dans Bordeaux
En présence de Marie de Hennezel, marraine de l’évènement, écrivaine et psychologue clinicienne et de Michel Billé, sociologue, cette journée fut jalonnée d’événements.

« Ce fut un moment d’échanges pour questionner, s’inspirer et imaginer l’avenir du bien vieillir à domicile. Nous avons organisé une conférence, un ciné-débat, une pièce de théâtre, et une exposition à la Mairie » s’enthousiasme Sophie L.
L’association défend ses valeurs associatives de bienveillance, de confiance et d’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Elle revendique son appartenance au champ de l’économie sociale et solidaire et participe à La Quinzaine de l’égalité du 18 novembre au 2 décembre 2025. « Nous serons présents à l’Hôtel Ragueneau – La Maison Commune, un lieu éphémère rassemblant plus de 20 associations, avec une exposition de portraits de nos professionnels pour mettre en avant notre équipe, riche de sa diversité » conclut Sophie Lagüe dans un sourire.
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