The Doldrums : les déchets s’exposent

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Jusqu’au 3 janvier 2021, Samara Scott investit le CAPC en y réalisant un immense plafond artificiel composé de déchets de toutes sortes. Une exposition surprenante laissant à chacun son interprétation intitulée « The Doldrums ».

Samara Scott est une artiste anglaise de 35 ans qui vit à Douvres. Depuis sa sortie du Royal Collège of Art de Londres en 2011, l’artiste nourrit son inspiration du contexte de l’ultra-consommation. Toujours conçues in situ, en fonction du lieu qui l’accueille, elle réalise des installations colorées, nocives, à partir de déchets organiques ou chimiques issus de la grande distribution. Elle a un rapport au corps fondamental. Ses œuvres ont des références constantes au corps, directement comme par exemple avec les vêtements, le maquillage, les cigarettes, et indirectement comme avec les gobelets, les sacs, les bouteilles en plastique. Comme le souligne Alice Motard, commissaire de l’exposition,  » l’artiste est pleine de vie, a une énergie folle. Elle fait qu’une avec son travail ».

The Doldrums

C’est un terme anglais qui, en français, signifie « pot au noir ». Le mot pot au noir est bien connu des navigateurs de transat ou autres voileux et représente une zone intertropicale de convergence au niveau de l’Équateur où alternent pluies diluviennes, grains d’orage et calme plat. Au sens figuré, c’est le synonyme de marasme, de ne plus pouvoir avancer, de faire du sur place. Le titre de l’expo fait aussi référence à la période particulière que nous vivons. C’est un immense plafond constitué d’un filet au maillage fin utilisé pour la restauration des bâtiments qui recouvre horizontalement la nef du CAPC. L’artiste rappelle que c’est à Palerme, en voyant ce type de voile sous la coupole d’une église, qu’elle a trouvé l’idée.

Ayant collecté en amont divers déchets de toute matière et les avoir teintés, elle les a disposés sur le filet en jouant avec la transparence de celui-ci et la lumière zénithale tombant du bout de la nef. L’exposition a cette particularité que le visiteur peut l’appréhender en dessous et aussi par-dessus en empruntant la mezzanine du musée. En levant les yeux, le spectateur a l’impression de se retrouver face à un immense paysage ou bien sous la mer avec la surface de l’eau au-dessus de lui. Une immense surface de 1000 m2 jonchée de déchets divers qui peut nous évoquer ce qu’on appelle le septième continent qui a envahi le Pacifique. Cette exposition nous conduit, comme une évidence, à nous interroger sur l’hyper consumérisme et aussi les problématiques environnementales qui en résultent.

Infos pratiques : CAPC 7 rue Ferrère, 33000 Bordeaux.

Du mardi au dimanche de 11 h à 18h jusqu’au 3 janvier 2021

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