Rencontre avec Antoine Blacard, artiste Queer

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Antoine se définit comme quelqu’un d’engagé, de bienveillant, un artiste dessinateur, illustrateur. Encore étudiant en master de graphisme et d’illustration à Bordeaux Montaigne, âgé de 22 ans. Portrait d’un artiste impliqué dans la communauté Queer de Bordeaux.

« J’aime utiliser le terme de « Queer ». Au départ, c’est une insulte en anglais, cela veut dire monstre. Maintenant, c’est une arme pour affirmer qui nous sommes. Cela englobe toutes les situations d’identité de genre hors des normes habituelles : lesbiennes, gays, bi, trans, non binaires, etc » explique Antoine Blacard. Issu du monde rural, il a découvert son identité homosexuelle de manière tardive, vers 17 ans, en cohérence avec un caractère qu’il qualifie lui-même « efféminé, de créatif et flamboyant ». Pour sa famille « ce fut un choc. Ils s’imaginaient autre chose pour moi; Mais aujourd’hui, ils ont appris et ils me soutiennent ». Il retient de ces années d’adolescence à la campagne une peur récurrente. « Peur de la violence, d’être insulté, de la honte que l’on veut nous imposer. J’ai trouvé refuge dans la création ».

Une communauté à la reconnaissance fragile

En venant faire ses études universitaires à Bordeaux, il a trouvé dans la communauté Queer une seconde famille : « se retrouver, s’accepter, être fiers de nous, ne plus avoir peur de notre identité, monter des actions et des projets ». Antoine est devenu vice-président du l’association Le Girofard, qui est un centre de ressources et de représentation pour la communauté Queer de Bordeaux et reconnue comme telle par la municipalité. C’est une micro-société dans la société. Cet engagement lui a permis de « se redonner le goût de lui-même ». Il y a trouvé un espace pour créer, des affiches, des foyers, des sacs, des T-shirts. En effet, les propos violents contre la communauté Queer n’ont pas manqué ces dernières années, en particulier à l’occasion de la Loi Taubira et des manifestations dites « pour tous ». Pour Antoine, rien n’est définitivement acquis et il reste encore beaucoup de droits à conquérir ou pérenniser et de comportements à faire évoluer. « Il reste en chacun et chacune d’entre nous une faiblesse, une fragilité, d’où une certaine mélancolie ».

Une exposition pour montrer la diversité

Mais cela ne l’empêche pas d’être actif et impliqué. Pour ce Festival des Fiertés 2021, il a réalisé 8 affiches, exposées au Quai Richelieu, à partir de photos prises lors de la marche des Fiertés en 2018. Il s’est inspiré de son style d’illustrateur pour la jeunesse en faisant des œuvres qui marquent par leur douceur et leur bienveillance. « J’ai voulu montrer tout l’éventail de la communauté, de ses alliés, mais aussi faire œuvre de mémoire (la déportation des personnes homosexuelles par les nazis ou encore les discriminations des années SIDA ). On y retrouve la personnalité attachante, bienveillante et déterminée de ce jeune artiste.

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