Ce 14 octobre, une délicieuse odeur de viennoiseries s’échappait des salons de l’Hotel de ville… Et pour cause : une cinquantaine de boulangers concouraient pour le titre de la meilleure chocolatine de Gironde, dans le cadre du festival Bon ! parrainé cette année par Philippe Etchebest.

Le festival promeut « la philosophie du bien-manger qui respecte le vivant et qui démocratise l’accès à une alimentation saine et équilibrée ». L’an dernier, c’est la boulangerie bordelaise Grain (rue Capdeville) qui avait été couronnée. Elle était représentée par le boulanger Vincent Capegras. Dans la catégorie des apprentis, c’est le jeune Maxence Jourdain, du Pain de la Renaissance (cours Portal à Bordeaux), qui avait remporté le prix.
52 chocolatines en lice
Cette deuxième édition est lancée par la Fédération des artisans boulangers et boulangers-pâtissiers de la Gironde, présidée par Arnaud Chevalier. Les 52 candidats pour deux catégories (32 professionnels et 20 apprentis) ont apporté chacun 5 chocolatines. Comme vous pouvez le constater, elles sont toutes mignonnes, bien dodues, mais toutes différentes.












Le secret d’une bonne chocolatine
Frédéric Baillou, artisan boulanger retraité, me confie quelques infos. La pâte de base est la même pour fabriquer des chocolatines, des croissants ou des pains aux raisins. Pour faire des chocolatines, il faut : de la farine, de la levure, des œufs, du sucre, du beurre et des barres de chocolat et un bon tour de main !
Il faut tailler la pâte en bandes (ou en triangle pour le croissant) puis la rouler. Et ce, en un nombre de tours bien précis, chacun sa méthode (pas trop de tours pour une pâte bien aérée, avec des trous bien répartis). Rappelez-vous, autrefois, il n’y avait qu’une seule grosse barre de chocolat. Depuis une trentaine d’années, il y en a deux, un peu plus fines. Bon, la recette, ça reste un secret…


Un jury pour départager les candidates
Les règles sont strictes : la chocolatine doit peser entre 55 et 65 grammes. Et les critères sont précis : l’aspect, la brillance, la cuisson, le fondant et bien entendu, le goût… Tout compte !
La plupart des candidats n’avaient jamais mis les pieds à l’Hôtel de ville. Certains étaient venus de loin ce matin, levés depuis minuit pour préparer leurs chocolatines. Et certains visiteurs d’encore plus loin, une demi-douzaine de Japonais s’étant déplacés pour observer le savoir-faire français…





Et la gagnante est parempuyrienne !
C’est Gaël Grondin, propriétaire de la boulangerie « Tiembõ » (« Tiens bon » en créole) de Parempuyre qui a remporté le titre de meilleure chocolatine de Gironde.


Chez les apprentis, c’est le jeune Florian Castaing, 17 ans, alternant au Fournil de Créon, qui a décroché le premier prix. Les concours régionaux et national se dérouleront en 2026.




Vous êtes plutôt chocolatine ou pain au chocolat ?
Comme vous le savez, c’est l’objet d’un grand débat en France ! Dans le Sud-Ouest de la France, on dit « chocolatine » tandis que dans le reste du pays, c’est « pain au chocolat ». Pour moi, un pain au chocolat c’est un morceau de pain avec une barre de chocolat à l’intérieur. Et je ne sais pas ce que vous en pensez, mais « chocolatine », c’est nettement plus mignon !
Pour votre culture
On appelle « tourier viennois » celui qui fabrique les viennoiseries (= celui qui donne les tours). Le mot « chocolatine » figure dans les dictionnaires le Robert et Larousse depuis seulement 2011 et l’Académie française ne le reconnaît même pas…