Assises de la démocratie permanente: Un moment d’inspiration avec les villes jumelles sur l’engagement citoyen dans le monde

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Récit croisé de quatre femmes, « témoins inspirants » de leurs engagements citoyens en associations et sur la place des femmes en particulier dans la démocratie locale.

Dans le cadre des « Assises de la démocratie permanente »(1), Céline Papin, adjointe chargée des coopérations territoriales, européennes et internationales ouvre la session : « il s’agit de partager les témoignages ‘d’actrices inspirantes ‘, femmes impliquées dans des contextes différents dans des villes jumelles de Bordeaux, pour faire vivre la démocratie et l’engagement citoyen, réinventer la citoyenneté et recréer du lien pour une ville plus inclusive. » C’est l’angle de cette rencontre, un temps d’inspiration proposé dans les visio-conférences des assises. Les intervenantes témoignent, dans ces domaines, par une présentation en quatre points et en répondant aux questions sur : leurs associations, leurs actions et projets, leurs difficultés (hors financement, problématique rencontrée par toutes), mais également sur la ligne de crête entre leurs engagements associatifs sur des sujets politiques et l’engagement en politique.

L’engagement associatif dans ses aspects politiques

Cet engagement se traduit sur le terrain selon Zenabo Zongo, (Ouagadougou-Burkina Faso), présidente de l’association Ouaga Abidjan Fraternité, membre du Conseil des femmes du Burkina, engagée pour l’intégration des personnes déplacées au Burkina, suite aux conflits au Sahel. « Nous faisons un travail humanitaire, mais aussi de rescolarisation des enfants, de formation des femmes pour l’emploi, de lien social au travers d’activités culturelles. La difficulté pour accueillir ces gens qui ont tout perdu, c’est la méfiance initiale des autorités quant aux risques terroristes dans notre pays. Établir la confiance est essentiel. Petit à petit, ils ont reconnu notre action, en particulier celle des femmes bénévoles dont le rôle a été essentiel, car les femmes déplacées se confiaient plus facilement à elles. Pour la politique, nous préférons apporter sur le terrain pour le prochain et faire s’engager d’autres femmes ». Pour Fatima Zohra Mohamed Krachai,(Oran-Algérie), Secrétaire -Générale de l’association Santé Sidi El Houari, en faveur des jeunes et du patrimoine d’Oran, cela passe aussi par les actions de terrain. Leur école de la seconde chance (Projet FORSA) s’adresse aux jeunes déscolarisés, pour leur fournir de la formation, de l’emploi et, au-delà, accompagner leur intégration dans la société. « Dans le contexte de la pandémie, il a été difficile d’informer ces jeunes. Pour les rencontrer, du fait de l’absence d’autorisation et de la fermeture de la quasi-totalité des écoles, on a fait des activités de formations socio-culturelles sur des places publiques, dans les maisons des jeunes, les espaces culturels. L’engagement en politique ? Pour l’instant, nous préférons continuer à conscientiser les jeunes, à faire des projets. Notre message passe mieux ainsi que par la politique ».

Œuvrer pour la démocratie

L’engagement associatif de terrain combiné à l’engagement politique est indispensable pour impliquer les citoyens dans leur ville d’après Mariana Alegre Escorza , (Lima-Pérou), directrice de l’association Lima Cómo Vamos. Cette dernière met en évidence la citoyenneté active pour accompagner la transformation de la ville par ses habitants et suivre la qualité de vie urbaine, par la promotion de la connaissance, la communication et l’action citoyenne, avec principalement des femmes, venues de divers métiers. Ainsi des projets : ‘Ocupa Tu Calle ‘(Occupe ta rue) sont mis en œuvre pour une meilleure qualité de vie, contre les inégalités, la création d’espaces ouverts pour tous, ‘Relances ton quartier‘ pour la relance économique. Avec des adolescentes et les autorités, un terminal de bus a été créé contre le harcèlement et pour une ville plus sûre. « Les valeurs partagées sur l’environnement, la justice sociale, la lutte contre les violences faites aux femmes, sont la base de l’action et de la participation citoyenne. La place des femmes y est centrale, mais l’égalité est encore loin d’être atteinte. Pour l’engagement en politique, la question s’est posée au niveau métropolitain. Entrer en politique, qui n’a pas toujours bonne image, est complexe dans notre pays. Le faire en tant que femme, c’est peut-être faire autrement et partager. Nous encourageons une nouvelle génération urbaine, qui ait en tête ce qui est acceptable, la lutte contre les inégalités… ». De son côté, Manon Therrien, (Québec -Canada), présidente du réseau femmes et politique municipale, œuvre en faveur de la mobilisation des femmes québécoises pour l’engagement en politique, avec l’initiative de « la grande tournée ». Parmi les réalisations, un guide pour se présenter aux élections et des rencontres avec des élus. Pour nous, « l’action citoyenne est la condition essentielle pour améliorer l’environnement où tu vis, ce qui passe par une meilleure représentativité des femmes dans la société. Il faut interpeller les élus, parler autour de soi de son intention de se présenter, faire réseau. La place des femmes est au cœur de notre action mais il est difficile d’aller les chercher sur le terrain. L’engagement en politique est au cœur de notre action ».
Pour Camille Choplin, adjointe chargée de la démocratie permanente, de la vie associative et de la gouvernance par l’intelligence collective, à la lumière de ces témoignages, beaucoup de points de convergences, de pistes d’inspiration pour la réflexion et l’action à Bordeaux apparaissent, afin d’améliorer la ville par des engagements citoyens. « Dans ma délégation, j’ai aussi la vie associative et ces femmes sont toutes dans des associations. Être bénévole, étymologiquement, c’est faire lien. J’aimerais que les Bordelais comprennent à quel point ça fait du bien de faire du bien. L’intelligence collective nous séduit. À se mettre ensemble, les intelligences se multiplient, on est plus fort».
Bertrand BARRIEU

Sur la photo:

Haut : Céline PAPIN. Camille CHOPLIN. Manon THERRIEN.

Bas : Fatima Zohra MOHAMED KRACHAI. Zenabo ZONGO. Mariana ALEGRE ESCORZA

EN SAVOIR + (1). Assises de la démocratie permanente

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