Les métiers de l’imprimerie 1/6: la typographie.

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Au regard de son activité, il semble intéressant que les seniors reporters consacrent plusieurs articles à la chaine qui les relie aux métiers de la diffusion de l’écrit. Ce premier article est consacré à la composition, celle-ci forme avec l’impression, la typographie.


« Cet art de reproduire les écrits à un grand nombre d’exemplaires [à l’aide de caractères en relief] devint l’imprimerie typographique. » Cette invention est attribuée au XVème siècle à Jean Gutenberg de Mayence, dont le grand mérite a été, selon Raymond Laborde, membre du Musée des métiers de l’imprimerie, « d’avoir inventé : la machine à imprimer, les caractères et l’encre visqueuse. »

La composition manuelle

Pour réaliser sa composition, l’opérateur utilise un composteur qui va lui permettre d’aligner (ligne par ligne) les caractères gravés à l’envers, les espaces, et d’ajuster la longueur de la ligne (la justification). Ces caractères sont rangés dans différentes caissettes compartimentées, appelées casses, en fonction de la police ou du corps (voir illustrations ci-dessous). Les majuscules sont rangées en haut de casse, les minuscules en bas. Le bloc de ligne est ensuite calé dans une forme (châssis en fonte) à l’aide de serrages. Le typographe peut réserver des espaces pour intégrer des illustrations. À noter qu’en 1737, explique M. Laborde, « Fournier le jeune, crée une mesure typographique, modifiée par François Ambroise Didot qui utilise un système duodécimal et un point typographique, le point Didot (0,375 mm), toujours en usage bien que combattu par le système métrique « . Avec l’arrivée de l’informatique, c’est le point Pica (0,351mm) qui est utilisé.
Après impression les caractères retournent dans la casse lors d’une opération appelée: distribution.

Les machines à composer

La « Linotype« , inventée et mise au point entre 1876 et 1886 par Ottmar Mergenthaler, est une machine à composer capable de fondre une ligne-bloc dont tous les caractères sont solidaires. À l’aide d’un clavier de 90 touches, l’opérateur assemble dans le composteur des matrices (petits moules en laiton gravés d’une lettre, d’un chiffre, d’un signe). Les matrices sont assemblées dans un magasin de 90 canaux correspondant aux 90 touches du clavier. La ligne ainsi composée est prise en charge par la machine, elle se présente ensuite devant un moule derrière lequel se trouve un creuset contenant un alliage (plomb 83%, étain 12%, antimoine 8%) en fusion. Après le clichage, (opération de coulage du métal en fusion dans le moule de la ligne), la ligne est éjectée dans une galée.
À l’aide d’un bras preneur, l’ensemble des matrices est récupéré et présenté à la distribution automatique pour une utilisation ultérieure. Parmi d’autres machines automatisées, la « Monotype  » inventée par Tolbert Lanston en 1883 qui, à partir d’une bande perforée, fond les caractères mobiles qui s’alignent ensuite ligne à ligne dans la galée. À la fin des années 1970 ces machines sont remplacées par les photocomposeuses.


B.Barrieu P.Jallageas

En savoir plus: Musée atelier des métiers de l’imprimerie – 8 rue du Fort Louis – 33000 Bordeaux
Tél : 05 56 92 61 17 / Courriel : museeimprim.aquitaine@wanadoo.fr

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